Le photographe a sillonné une partie de la province pour figer dans le temps ces femmes et leurs habits, n'hésitant pas à se rendre à la Baie-James pour leur rendre hommage. «Je me suis fait prendre à mon propre piège, a-t-il confié hier après-midi lors du vernissage. Cela a demandé beaucoup de travail de communication pour rentrer dans la bulle de ces femmes.»
Parmi celles qui ont accepté de jouer le jeu se trouve Liliane Laverdière, vice-présidente Développement et affaires pour Desjardins et présidente de la Chambre de commerce de Québec. «J'ai commencé avec un emploi d'été à 17?ans, et maintenant, je gère des actifs de 30 milliards?$», a-t-elle dit, hier, profitant de la Journée internationale des femmes pour inciter ses comparses à prendre leur place dans le monde des affaires.
Pierre Villeneuve a aussi immortalisé le regard de Nicole Juteau. Des yeux encore familiers pour des dizaines de criminels qui croupissent en prison...
Première policière
Car personne dans la province ne compte autant d'expérience comme agent double que Nicole Juteau. La policière a infiltré le crime organisé aux quatre coins du Québec pendant pas moins de 18 ans. Et elle a réussi cet exploit en étant la toute première femme policière de l'histoire de la province.
«Quand j'ai commencé comme patrouilleure à Shawinigan, un seul policier sur 35 a accepté de travailler avec moi», se remémore-t-elle. Et encore. C'était des années après avoir été la grande spécialiste des photocopies, la loi québécoise en 1975 exigeant que tout policier soit un homme mesurant au moins cinq pieds et huit pouces et pesant 140?livres. La loi enfin modifiée, elle a pu traquer les criminels... habillée comme un homme, les uniformes n'ayant pas été adaptés au corps féminin.
L'exposition Quand l'habit fait la femme est présentée du 9 au 28 mars à la bibliothèque Marie-Victorin de L'Ancienne-Lorette, selon les heures d'ouverture habituelles de la bibliothèque.











