Les acteurs du milieu se sont posé la question lors d'un colloque organisé mercredi par l'EnGrEnAgE et l'Aumônerie, deux organismes communautaires, dans le sous-sol de l'église Saint-Roch. Une centaine de participants, surtout des citoyens, des élus et des intervenants communautaires, mais aussi quelques membres de la communauté d'affaires, étaient venus partager leurs points de vue et, surtout, apprendre à se connaître.
«Le jour, nous ne sentons aucune menace, mais le soir, peut-être à cause de certains préjugés, c'est plus inquiétant de se promener dans Saint-Roch», confiait Édith Larouche, vice-présidente chez CGI. Elle reconnaît sans gêne que si l'entreprise est venue s'installer dans le quartier en 2003, c'est surtout à cause des programmes gouvernementaux. Bien qu'elle apprécie les restos, les boutiques et les activités culturelles qui s'y déroulent, Mme Larouche avoue ne pas connaître Saint-Roch comme un milieu de vie. Jusqu'à mercredi, elle ignorait que l'église abritait un centre de jour...
Éric Boulay, de Lauberivière, et Danielle Brouard, des Services correctionnels du Canada, tentent quant à eux de montrer que l'intégration est la clé de cette mixité tant souhaitée, richesse du quartier. «Je suis tanné du stéréotype méchant commerçant et méchant itinérant, a insisté M. Boulay, chaque élément est un atout.» «On pourrait faire tellement plus de petits gestes pour aider!» a lancé de bon coeur Mme Brouard, qui côtoie 32 ex-détenus en réinsertion sociale dans un immeuble de Saint-Sauveur, tout près.
Parcourir le quartier
Michel Lavoie, des Copies de la Capitale, a répliqué à ce voeu pieux : «Les itinérants, c'est leur choix de vie. Tu ne peux pas toujours les prendre par la main!» Amoureux de sa ville et employant des gens issus de tous les milieux, il croit que parcourir et connaître à fond son quartier sont les meilleures façons de s'y sentir en sécurité et heureux.
Le président du Conseil de quartier, Jean Pearson, a aussi soulevé quelques points éclairants : «Le quartier a été coupé en deux sur la carte électorale, a-t-il rappelé, ce qui complique la tâche des deux conseillères et mine le sentiment d'appartenance à Saint-Roch. Et il manque toujours un centre communautaire et sportif dans le secteur. Il faut ramener le citoyen au coeur du développement, comme au début de la revitalisation.»











