L'expert du marketing a refusé de s'étendre sur ce qu'il a trouvé jusqu'à maintenant dans l'âme des Québécois, puisque l'analyse n'est pas encore faite, mais il a tout de même déclaré : «Je crois que cela va vous rassurer, vous êtes uniques. Ce que j'ai vécu ici, je ne l'ai vécu nulle part ailleurs. [...] Vous avez une certaine unité aussi, assez forte.»
Le Soleil, Steve Deschênes
Divisée en trois temps, la méthode Rapaille s'ouvre sur une discussion à bâtons rompus où il prend le rôle d'un extraterrestre venu interviewer la «tribu locale» pour la comprendre. Le clivage haute ville-basse ville et la réputation que les natifs de Québec ont de former des cercles difficiles à percer ont été les principaux objets de ses questions, mais ça, «c'est l'étape des clichés, ce n'est pas ce qui nous intéresse vraiment», a-t-il commenté par la suite.
Listes de mots
Dans un deuxième temps, les participants se font présenter des expressions - dans ce cas : «pure laine», «ville choisie» et «snob» - et se font demander à quels mots elles leur font penser. Chacune de ces listes de mots est ensuite relue à voix haute, et les sondés doivent dire ce qu'elles évoquent pour eux. Le but de l'exercice est alors d'atteindre des «structures mentales latentes».
La troisième heure est la plus étrange, consistant essentiellement en une séance de relaxation d'environ 30 minutes, «pour recréer l'état d'esprit du réveil, le matin», à la suite de laquelle chacun doit décrire en détail sur une feuille de papier son premier souvenir de Québec, son souvenir le plus fort de Québec, et son plus récent.
C'est cette dernière étape, dit M. Rapaille, qui lui fournit le matériel qu'il recherche. «Je ne m'intéresse pas tant au contenu, mais à la structure. [... À la suite d'une sorte de filtrage], on tente de trouver des structures qui se répètent dans les récits. Et la plupart du temps, on en trouve.»
«Au bout d'un moment, on peut même prédire quels mots seront liés à d'autres mots», a-t-il ajouté.
Peu bavard sur ses trouvailles
L'expert du marketing a refusé de s'étendre sur ce qu'il a trouvé jusqu'à maintenant dans l'âme des Québécois, puisque l'analyse n'est pas encore faite, mais il a tout de même déclaré : «Je crois que cela va vous rassurer, vous êtes uniques. Ce que j'ai vécu ici, je ne l'ai vécu nulle part ailleurs. [...] Vous avez une certaine unité aussi, assez forte.»
Cela dit, lui a-t-on demandé, pourquoi sonder le coeur des gens de Québec, puisque ce n'est pas à eux que l'on doit vendre la ville, mais bien à tous les autres? «On ne va pas se limiter aux gens de Québec, a-t-il répondu. Mais si on veut communiquer quelque chose à l'extérieur, il faut être en accord avec les gens de l'intérieur. Cela nous permettra aussi de choisir de quoi on va leur parler.»
















