Crise à la FTQ: des airs de déjà-vu

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Au chantier de Toulnustouc, au nord de Baie-Comeau, la tension avait atteint son comble durant l'été 2004. Hydro-Québec avait donc mis la clé sous la porte afin d'éviter un affrontement.

Photothèque Le Soleil

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) En 2004, il y a eu du brasse-camarade sur un autre chantier d'Hydro-Québec, à Toulnustouc, au nord de Baie-Comeau : intimidation, arrêt des travaux, menaces... Le projet de Grande-Baleine a des airs de déjà-vu.

Au plus fort de l'affrontement, en juin, la société d'État avait carrément fermé une partie du mégachantier de 1 milliard $. Plus de 350 des quelque 1300 travailleurs étaient ainsi privés de boulot : «Le problème avec la FTQ est suffisamment sérieux pour qu'Hydro-Québec prenne cette décision», avait alors déclaré au Soleil la porte-parole du chantier, Marthe Nadeau.

Celle-ci soulignait que les menaces et le chantage étaient monnaie courante à Toulnustouc. «C'est quelque chose de latent, mais jusque-là, on avait toujours réussi à concilier les parties.» La tension avait atteint son comble durant l'été 2004. Hydro-Québec avait donc mis la clé sous la porte afin d'éviter un affrontement.

Plusieurs plaintes ont ensuite été déposées auprès du gouvernement et des forces de l'ordre. Les quatre dénonciations reçues par le ministère du Travail portaient «entre autres sur des allégations d'intimidation et de menaces à l'égard de salariés par des délégués de chantier, des représentants syndicaux et des entrepreneurs», apprend-on dans un témoignage de la sous-ministre adjointe, Jocelyne Hallé, consigné deux ans plus tard. En plus, «en raison des événements survenus sur le chantier, il y a eu un ralentissement illégal de travail par les employés».

Délégués illégaux

Dans les témoignages des deux enquêteurs mandatés par Jocelyne Hallé pour faire la lumière sur ces assertions, nous découvrons également que des accusations avaient été déposées par le ministère de la Justice contre plusieurs protagonistes, des «délégués syndicaux» illégaux notamment. Certains de ces délégués étaient «inhabiles à occuper leurs fonctions en vertu de l'article 26 de la Loi sur les relations de travail». On y lit que «toute personne déclarée coupable [...] de voies de faits simples, de méfait, d'assaut infligeant des blessures corporelles, de vol, d'intimidation, de trafic de narcotiques ou de conspiration pour commettre un de ces actes ne peut occuper une fonction de direction dans une association de salariés ni être élue ou nommée comme délégué de chantier, agent d'affaires ou représentant syndical pour une telle association [...]».

Il en va de même pour «toute personne déclarée coupable [...] de meurtre, de tentative de meurtre, d'homicide involontaire coupable, de vol qualifié, d'extorsion, d'incendie criminel, de vol avec effraction, de détournement de fonds, d'enlèvement, d'avoir causé intentionnellement des lésions corporelles dans l'intention de blesser, de mutiler, de défigurer une personne ou de mettre en danger la vie d'une personne ou de conspiration pour commettre un de ces actes».

L'investigation avait permis de confirmer que «des salariés ont fait l'objet d'intimidation et de menaces provenant de délégués de chantiers, de représentants syndicaux, etc. En raison des gestes posés à leur endroit, des plaignants ont également porté plainte auprès de la Sûreté du Québec».

Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires des représentants de la FTQ et de la CSN, mardi.

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