Jaser, c'est un vrai bonheur!

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Lors de l'étude réalisée par le Dr Matthias R. Mehl, les participants considérés comme heureux ont eu deux fois plus de conversations profondes que ceux qui se considèrent moins heureux. 

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Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) La profondeur d'une conversation fait-elle le bonheur? Chose certaine, elle y contribue, démontre une récente étude américaine.

Les gens qui parlent de politique, d'affaires publiques ou de philosophie semblent plus heureux que ceux qui échangent sur la pluie et le beau temps, a en effet découvert Matthias R. Mehl, chercheur au département de psychologie de l'Université de l'Arizona.

«C'est très intéressant car on pourrait penser que les gens qui surfent sur des discussions frivoles sont plus heureux et que ceux qui ont toujours des conversations existentielles», a indiqué le chercheur en entrevue au New York Times.

Or, son étude réalisée auprès de 79 collégiens, (32 hommes et 47 femmes) et publiée récemment dans la revue scientifique Psychological Science tend plutôt à montrer le contraire.

Pendant quatre jours, les participants portaient sur eux une enregistreuse qui captait des segments de 30 secondes toutes les 12 minutes.

Par la suite, le Dr Mehl et son équipe ont analysé le contenu des enregistrements. D'un côté, la petite jasette (small talk) à propos de la météo ou du fait d'avoir regardé une émission de télévision, par exemple. De l'autre, les conversations substantielles portant sur des sujets d'affaires publiques, la religion ou le rôle de l'éducation.

Parallèlement, les chercheurs ont mené des entretiens sur le degré de satisfaction des participants quant à leur vie. Ils ont aussi interrogé leurs proches.

Résultat : les participants considérés comme heureux ont eu deux fois plus de conversations profondes que ceux qui se considèrent moins heureux (45,9 % contre 21,8 %).

Les sujets jugés superficiels représentaient pour leur part seulement 10 % des conversations des personnes heureuses contre plus de 28 % pour celles qui se disent moins satisfaites de leur vie.

Des résultats qui étonnent, mais qui s'expliquent, selon le Dr Mehl. «En engageant une conversation significative, on finit par faire naître du sens dans notre monde chaotique, avance-t-il. Cela permet de connecter avec notre interlocuteur, et on sait que les liens interpersonnels sont un fondement du bonheur.»

L'oeuf ou la poule?

Mais est-ce qu'on a des discussions profondes parce qu'on est heureux ou est-ce qu'on est heureux parce qu'on va plus loin de la surface? C'est un peu l'oeuf ou la poule, admet Dr Mehl. «D'un côté, les gens qui vont bien créent autour d'eux une attraction sociale, ce qui facilite les interactions substantielles, peut-on lire dans son article du Psychological Science. «D'un autre côté, peut-être que des conversations plus solides rendent tout simplement les gens heureux.»

Suivant cette dernière hypothèse, quelqu'un de mal dans sa peau pourrait améliorer son état en entreprenant des discussions significatives. En somme, peut-on «prescrire» des sujets de conversation stimulants? C'est ce que le Dr Mehl explorera dans la prochaine étape. «Ce n'est pas aussi simple que de prendre une pilule, illustre-t-il. Mais peut-on rendre les gens plus heureux en leur demandant d'avoir une conversation super profonde par jour pendant cinq jours? Cela m'a toujours intrigué.»

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