«Ces phrases visent à de maintenir le lien social, ce qui est particulièrement vrai avec les gens qu'on ne connaît pas. La pluie et le beau temps sont des sujets qui permettent de ne pas s'engager, qui ne sont pas dangereux», explique Guylaine Martel, socio-linguiste et professeur de communication à l'Université Laval.
Ces petites formules-clés de la vie en société ont un nom : la communication phatique.
Le sociologue d'origine canadienne Erving Goffman (1922-1982) a consacré sa carrière à étudier les rites d'interactions, ces «rituels sociaux» dont fait partie la communication phatique.
Tout comme les gestes élémentaires de salutation ou de politesse, les échanges courts et sans conséquences sont inhérents à la nature humaine, poursuit Guylaine Martel. «À partir du moment où on est en présence sociale, l'être humain se sent obligé de manifester cette proximité sociale. Et dans notre société verbo-motrice, la manifestation par excellence c'est de parler. La communication phatique devint un lubrifiant social.»
Dans le même esprit, la chercheure note l'emploi de clichés, souvent entendus dans des endroits comme les salons funéraires, où on ne sait pas trop quoi dire à propos du défunt. «C'est la place pour ne pas faire de gaffe. C'est pour ça qu'on entend souvent des niaiseries comme : "Il a l'air serein" ou "Il doit être heureux" Se réfugier dans le cliché, c'est rassurant.»











