«Quand les jeunes arrivent ici, ils sont super-souriants et ouverts à la vie, mais ils vivent aussi beaucoup d'incompréhension. Il faut parfois leur expliquer comment fonctionnent des choses très simples, comme porter des chaussures lorsqu'ils jouent au soccer plutôt que d'avoir les pieds nus comme dans leur pays», explique Amélie Veilleux, intervenante animatrice pour Motivaction Jeunesse à l'école secondaire Vanier.
Nés au Bangladesh, en Birmanie ou en Colombie, les nouveaux immigrants sont aussi vite confrontés aux différents codes sociaux et aux spécificités des relations interpersonnelles québécoises. «Les jeunes filles latinos ne comprennent pas pourquoi les Québecois ne paient pas leur facture au restaurant. Ça les choque», raconte Amélie comme exemple.
Comme ces jeunes sont appelés à devenir citoyens canadiens, cette incompréhension devient lourde de conséquences au quotidien. Ils vivent de l'anxiété et de l'isolement.
«Les jeunes arrivés depuis moins de trois ans ont aussi tendance à se lier d'amitié avec des jeunes de leur communauté culturelle. C'est difficile de les mêler naturellement à des Québécois de souche. Ça retarde non seulement leur apprentissage de la langue, mais aussi leur connaissance de la culture québécoise», explique Luc Richer, président de Motivaction Jeunesse.
Pour les aider, cet organisme à but non lucratif de Québec a mis sur pied le programme Intégraction il y a quatre ans. À travers des activités sportives et culturelles comme le rallye d'hier, ce programme favorise l'intégration des jeunes immigrants inscrits dans les classes d'accueil des écoles secondaires De Rochebelle et Vanier, comme Michèle, 15 ans.
Née au Burundi, cette réfugiée a grandi au Congo, le pays d'Afrique qu'elle a quitté il y a cinq ans pour venir vivre au Québec avec son père.
«Quand je suis arrivée ici, j'étais la seule noire de mon école. Les Québécois me disaient que je parlais français bizarrement et me demandaient ce qu'avaient mes cheveux», explique celle qui porte des tresses à l'africaine. «Mais aujourd'hui, plusieurs de mes amis s'en sont fait faire comme les miennes», ajoute Michèle fièrement.
Aussi pour les Québécois
Parmi les yeux bridés, les peaux noires et les accents orientaux, une vingtaine de Québécois de souche ont aussi participé au rallye. Car Intégraction mise avant tout sur les Québécois de souche pour pallier un faible dialogue interculturel.
«Plus on va les mixer et lier toutes ces cultures ensemble, plus on va les rapprocher. Ça donne des bons résultats. Maintenant, lorsqu'ils jouent tous ensemble au soccer, les immigrants sont choisis et ne restent plus seuls dans leur coin», conclut Amélie.











