Lettre du pape: un geste significatif selon Raymond Gravel

Le prêtre Raymond Gravel estime qu'on doit reconnaître... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le prêtre Raymond Gravel estime qu'on doit reconnaître le chemin de guérison proposé par le pape Benoît XVI.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

 

Frédéric Denoncourt
Le Soleil

(Québec) La lettre adressée hier aux catholiques d'Irlande par le pape Benoît XVI constitue un premier véritable geste de contrition de la part de l'Église dans le dossier des sévices sexuels commis par des prêtres. On doit le reconnaître, estime le prêtre Raymond Gravel.

«Je trouve que c'est une bonne lettre. Pour une fois, le pape, au nom de l'Église, fait preuve d'humilité. Il propose un chemin de guérison, de renouveau et de réparation. Il est dur envers les prêtres agresseurs quand il dit qu'ils ont "manqué à leur devoir", qu'ils ont "perdu l'estime des personnes en Irlande" et qu'ils ont "jeté la honte et le déshonneur sur leurs confrères". Ce sont des mots lourds.»

Le pape écrit que de «graves erreurs de jugement» ont été commises par des prêtres et s'adresse aux victimes en ces mots?: «Vous avez terriblement souffert, et j'en suis vraiment désolé.»

De vraies excuses

Pas de doute cette fois, il s'agit bien d'excuses, dit M. Gravel. «Il va jusqu'à dire qu'il comprend que les gens aient de la difficulté à pardonner à l'Église et que lui-même se sent honteux devant ces gestes. Il y a du pardon là-dedans! C'est un geste important, et je pense que c'est faire preuve de mauvaise foi et de mauvaise volonté que de ne pas voir de positif cette fois.»

Jean-Paul II avait bien demandé pardon au nom de l'Église, mais seulement pour des actes commis à une époque très lointaine, poursuit Raymond Gravel. «Tandis que cette fois, ça fait partie de notre monde, le pape demande pardon pour des crimes actuels. Il veut se réconcilier avec des gens blessés.»

M. Gravel déplore que des groupes de défense de victimes de prêtres animés par la vengeance ne reconnaissent pas le geste fait par Benoît XVI hier. «Les gens qui voudraient que ces prêtres soient excommuniés ou pire qui souhaitent pratiquement la peine de mort pour ces gars-là ont tort. Quelle image l'Église donnerait si elle faisait ça? Si elle abandonnait le pardon? Ces prêtres ne pourront plus exercer leur ministère et vont aller en prison. Ce n'est pas assez?»

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