Les baby-boomers voient à tort l'avenir en rose

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Là où le bât blesse, c'est que la plupart des baby-boomers se voient à l'aise financièrement, mais qu'ils ne sont qu'un sur trois à investir dans un REER.

Claudette Samson
Le Soleil

(Québec) Les baby-boomers aiment bien porter des lunettes roses. Alors que les services publics peinent de plus en plus à répondre aux besoins, les 50-64 ans sont plus de la moitié à compter sur l'État pour les soutenir au moment de la vieillesse.

Un sondage CROP présenté vendredi aux membres de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux, qui réunit les hôpitaux, les CLSC et les centres d'hébergement, révèle le point de vue que porte cette génération sur la vieillesse. Il nous apprend que ses membres se considèrent très majoritairement comme en bonne santé, et même qu'ils se sentent 10 ans plus jeunes qu'ils ne le sont réellement. Ils sont nombreux à se voir actifs longtemps, à faire du bénévolat, avoir des loisirs... En fait, la vieillesse commence pour eux à 80 ans!

Très majoritairement aussi, ils ont commencé à modifier leurs habitudes de vie en vue de la retraite (surtout les femmes), à payer leurs dettes, à avoir un suivi médical régulier.

Là où le bât blesse, toutefois, c'est que la plupart se voient à l'aise financièrement, mais qu'ils ne sont qu'un sur trois à investir dans un REER. De toute évidence, ils seront nombreux à devoir travailler jusqu'à 85 ans, a ironisé le président de CROP, Alain Giguère.

Au Québec, les baby-boomers représentent 21 % de la population, soit 1,6 million d'individus. Le sondage a permis de les répartir dans diverses catégories : la choyée (24 %, surtout des femmes), bien entourée, se prépare, a les moyens; l'indépendant (19 %) compte sur lui-même et a les moyens; le dépendant potentiel (21 %) se prépare, mais compte sur l'État; l'autruche

(19 %) ne fait rien; l'exclu (16 %) se voit vieillir isolé, pauvre et en mauvaise santé.

Ce qui est inquiétant, c'est que les trois derniers groupes, qui représentent 56 % de cette population, soit 900 000 personnes, comptent sur les services publics (CLSC) s'ils ont besoin d'aide pour leurs soins personnels, leur ménage, etc.

Si autant de personnes frappent à la porte des CLSC, ça va craquer pour de bon. Présentement, le réseau vient en aide à 174 000 personnes. Selon M. Giguère, il y a une bonne campagne de sensibilisation à faire sur l'importance de se responsabiliser, du moins auprès de ceux qui en ont les moyens.

Il ne s'agit pas uniquement de faire peur, dit-il, mais il y a aussi derrière cette idée un formidable projet de société à valoriser, celui d'une population qui se prend en main.

Les résultats du sondage sont accessibles sur le site Internet www.aqesss.qc.ca.

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