L'activité réunissait les professionnels du Web pour une journée de discussions libres. Il a longuement été question des nombreux usages auxquels se prêtent les Twitter, Facebook, LinkedIn et autres.
Les médias sociaux sont subversifs par nature, a d'abord rappelé Sylvain Carle, en citant un cas observé chez la compagnie Ubisoft. «Les employés ont refusé de se servir des systèmes créés à l'interne par Ubisoft pour permettre aux chargés de projet de monter leurs équipes. Ils ont préféré mettre leurs CV sur LinkedIn. Comme ça, ils peuvent être choisis pour un projet chez Ubisoft... ou bien chez le compétiteur, Beenox. C'est intéressant parce que ce sont les employés, souvent non syndiqués, qui ont décidé par eux-mêmes d'utiliser le pouvoir des réseaux sociaux dans leur propre intérêt.»
Est-ce qu'une pétition a plus d'influence que les médias sociaux? s'est demandée Catherine Morrissette, ex-députée de Charlesbourg pour l'Action démocratique du Québec. «Une pétition permet d'attirer l'attention sur un sujet, mais une fois que c'est déposé, c'est fini. Par contre, les médias sociaux, c'est un peu comme le bouche-à-oreille, et les politiciens n'aiment pas qu'on parle en mal d'eux. Alors ils veulent savoir ce qui se dit sur Twitter. Parlez d'eux et ils vont vous écouter.»
Les élections sur Twitter
Anne Gagné, candidate du Parti libéral du Canada pour la circonscription de Québec, pense quant à elle que «la prochaine élection fédérale va se faire sur Twitter. C'est excitant et inquiétant à la fois... parce qu'on est vite soupçonné, jugé et condamné. Qu'est-ce que vous pensez des politiciens qui sont sur les médias sociaux?» a-t-elle demandé aux participants. «Quand les politiciens se servent des médias sociaux, ça tourne vite au dialogue de sourds», a tweeté Nicolas Roberge en réponse. «On s'en fout un peu, confirme Pierre-Étienne Vachon. Ce qui compte c'est : est-ce que le politicien est prêt à adopter les valeurs qui viennent avec les médias sociaux?»«Si on perpétue la langue de bois et qu'on se sert de Twitter pour faire la même chose qu'il y a 30 ans, je ne vois pas l'intérêt», concluait pour sa part Denis Boudrault. «C'est intéressant si c'est le politicien qui écrit, mais pas si c'est son attaché de presse», concluait Jean-Denis Gagné.
Pour ce deuxième WebCamp, la VETIQ (Voix des entrepreneurs en technologies de l'information de Québec) s'était associée à WebÉducation, une activité mensuelle qui réunit une centaine de webmestres du gouvernement. Avec près de 400 inscriptions, quatre fois plus qu'en 2009, l'événement a été un succès, estimait Jean-Philippe Bonneau, directeur général de la VETIQ. Si les médias sociaux sont toujours au centre des discussions, la tendance qui domine le Web à l'heure actuelle est plutôt la mobilité. Avec des contenus qui deviennent accessibles de partout, dans le creux de votre main, c'est là que se produit le plus de nouveauté, estiment les organisateurs du WebCamp.
La conférence éclatée
La formule qu'utilisent les organisateurs du WebCamp Québec est apparue vers 2005, sous le nom de BarCamp. L'événement se prépare et la structure est très éclatée. La publicité se fait à travers les médias sociaux, l'inscription est gratuite et se fait en ligne. Il n'y a pas de «conférencier invité», chaque participant est libre de proposer un sujet rattaché au thème de l'événement.
Sur 60 sujets proposés, une vingtaine ont été retenus mercredi. Chaque auteur d'une proposition présente son idée à l'audience, qui en discute une dizaine de minutes, avant de passer au sujet suivant. L'événement peut être retransmis sur Internet par vidéo et par des commentaires sur Twitter. Mercredi, entre 300 et 400 personnes ont assisté à la rencontre, mais les échanges sur Twitter peuvent être lus par des dizaines de milliers de gens, et se poursuivre bien au-delà de la journée de discussion.










