Adieu à un héros de guerre

La consule honoraire de la Hollande, Willeke Pierik... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La consule honoraire de la Hollande, Willeke Pierik Blanchet

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Environ 300 personnes - parents, amis, dignitaires, militaires et anciens combattants - ont assisté, hier, à l'église de L'Ancienne-Lorette aux funérailles militaires d'un héros méconnu de la Seconde Guerre mondiale, le colonel Jean-Charles Forbes.

«Il s'est battu pour la paix, pas pour faire la guerre», a souligné un de ses fils, Martin, avant le début de la cérémonie religieuse.

L'hommage le plus senti à celui qui est considéré comme un des membres les plus glorieux du Royal 22e Régiment est venu de la consule honoraire de la Hollande, Willeke Pierik Blanchet. «Le peuple néerlandais est en deuil aussi. Il nous appelait ses frères. Nous l'appellerons toujours notre héros. Nous nous souviendrons toujours de lui», a-t-elle dit avec émotion.

Elle a rappelé que c'est grâce à la bravoure du colonel Forbes et de ses hommes à l'automne 1944 - à l'époque il était commandant de peloton - que des milliers de néerlandais ont pu être sauvés. «Il a contribué grandement à la libération de la Hollande. Il a permis d'éviter que les Allemands fassent sauter des digues et inonder de vastes terrains. Des milliers de personnes auraient pu mourir noyées», a raconté Mme Pierik Blanchet.

La plus haute décoration

Les combats héroïques et la capture de nombreux soldats allemands ont valu à M. Forbes la plus haute décoration militaire des Pays-Bas, soit la Croix de chevalier de l'Ordre militaire de Guillaume (Wilhem), qui lui a été remise par la reine de la Hollande sur la grande place à La Haye. Cet honneur est l'équivalent de la Croix de Victoria.

La Consule a également indiqué que son pays souligne chaque année la contribution des jeunes soldats canadiens qui a conduit à la libération de son pays. «Le nom du colonel Forbes est connu dans mon pays. Dans les cours d'histoire au primaire, les jeunes apprennent ce qu'il a fait pour nous. J'ai été agréablement surpris de voir que mes neveux et nièces savaient ce qu'a fait le colonel. Il a risqué sa vie pour notre liberté. On doit notre liberté à ces soldats, et 65 ans plus tard, on s'en souvient encore. Absolument», a-t-elle poursuivi.

Un des proches du colonel, l'ex-commandant du district 4 Saint-Laurent et membre de la Légion royale du Canada, Georges Lanier, considérait M. Forbes com­me un père. Ils se sont connus au début des années 60 au Royal 22e Régiment. Depuis ce temps, ils se parlaient tous les jours.

«Il était très apprécié, très aimé. Il était d'une compagnie très agréable. Il était un très bon orateur, un peintre, un musicien. Il était généreux de son temps. Il ne recherchait pas les honneurs. Ce qui comptait le plus pour lui, c'était ses soldats. Il ne voulait pas de privilèges. Il mangeait la même nourriture que ses soldats», a-t-il raconté.

Le major général à la retraite, Alain Forand, a eu des bons mots à l'endroit du colonel. «Le plus beau compliment que l'on puisse lui faire, c'est de dire qu'il était un vrai 22», a-t-il affirmé. En plus de la Croix de l'Ordre militaire de Guillaume, le colonel For­bes s'est vu décerner une médaille pour sa bravoure durant la guerre de Corée. En 2007, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, soit la plus haute décoration de la République française, pour sa conduite héroïque durant la Seconde Guerre mondiale. Sa biographie est accessible sur le site www.r22r.com.

M. Forbes est décédé le 19 mai à Beaupré à l'âge de 89 ans.

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