Un cycliste victime de harcèlement sauvage

Nicolas Roy n'en pouvait plus d'être la cible... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Nicolas Roy n'en pouvait plus d'être la cible des automobilistes, qui l'ont mis quelques fois dans une situation dangereuse.

Le Soleil, Erick Labbé

Isabelle Houde
Le Soleil

(Québec) La mobilité durable fait les manchettes, et pourtant, certains cyclistes semblent trouver de plus en plus dure la cohabitation avec les automobiles. C'est le cas de Nicolas Roy, un jeune analyste du ministère de la Santé, qui a dû arrêter d'utiliser son vélo pour se rendre au travail, dernièrement, après avoir subi le courroux de plusieurs automobilistes.

Tous les étés depuis cinq ans, il pédale pour se rendre au travail. Il a arrêté depuis la semaine dernière. «Ça fait environ un mois que je me fais arrêter par des automobilistes, souvent au volant de camionnettes et de pick-up», explique-t-il. Les véhicules le frôlent de très près, le mettant dans une situation dangereuse, ajoute-t-il.

«Au début, je me demandais ce qui se passait, pourquoi ils me bloquaient le chemin comme ça. Au fil du temps, je me suis mis à trouver ça de plus en plus dangereux», raconte le jeune papa de deux enfants.

Les automobilistes ajoutaient aussi l'insulte au comportement dangereux. «Je me souviens d'en avoir entendu un me dire : "Va t'acheter un char, cri... de crotté!"» Bousculé, le jeune homme a continué quelque temps de parcourir le chemin Sainte-Foy, une voie difficile à vélo, précise-t-il, mais qu'il ne pouvait éviter.

Puis, la semaine dernière, un homme a failli causer un accident qui aurait pu avoir des conséquences fâcheuses pour le cycliste. «Il a baissé sa vitre, s'est mis à me crier des bêtises et s'est collé contre le trottoir. Il m'a accroché avec son rétroviseur et s'est arrêté en plein chemin Sainte-Foy, au vu et au su de tout le monde», explique-t-il.

Sur le coup de l'adrénaline et de la frustration, Nicolas Roy n'a pas pensé à noter le numéro de plaque de l'auto. Mais c'est la goutte qui a fait déborder le vase. L'analyste a rangé son vélo et sorti ses clés d'auto.

Campagne radiophonique?

Une telle situation ne lui était jamais arrivée auparavant. En en parlant à des collègues de travail, qui se demandaient pourquoi il ne venait plus à vélo, il a entendu parler d'une certaine campagne contre les cyclistes qui aurait été montée par des animateurs de radio à Québec, qui encourageraient les automobilistes à «remettre les vélos à leur place», c'est-à-dire pas sur les grandes artères, suppose M. Roy. Il ne peut confirmer cette hypothèse, mais c'est celle qui lui semble la plus plausible pour expliquer cette poussée de violence, lui qui n'avait jamais vécu de tels incidents avant. Un de ses amis qui voyage de l'île d'Orléans à vélo tous les jours lui a fait part de problèmes semblables, la semaine dernière.

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