Recensement: non à l'abandon du questionnaire long

Le recensement canadien sert à façonner les politiques...

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Le recensement canadien sert à façonner les politiques publiques en fonction des tendances de la société.

 

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Québec est résolument contre l'abandon du questionnaire long obligatoire au recensement de 2011.

La ministre Christine St-Pierre a fait savoir jeudi que le gouvernement s'oppose à la décision de Statistique Canada, qui veut rendre l'exercice du recensement facultatif et non plus obligatoire.

La ministre joint ainsi sa voix à l'Institut de la statistique du Québec, qui a aussi protesté jeudi contre l'abandon du questionnaire long.

Dans une entrevue, Mme St-Pierre a rappelé que le recensement est non seulement «un outil essentiel» pour les chercheurs, mais aussi pour les décideurs qui façonnent les politiques publiques en fonction des tendances de la société.

Elle a dit avoir «un peu de difficulté à comprendre la raison» (de l'abolition du caractère obligatoire du questionnaire) et qu'elle «ne comprend pas pourquoi».

Selon elle, le grand recensement effectué aux 10 ans donne «le portrait le plus complet de la société canadienne» À plus forte raison, à titre de ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, elle a souligné que les données de Statistique Canada sont «importantes» pour dresser le bilan linguistique du Québec.

Si le questionnaire n'est plus obligatoire, «les gens vont mettre le formulaire sur la table et vont l'oublier».

Or, participer au recensement «est un devoir de citoyen parce que la société a besoin de savoir vers où elle s'en va». Les chercheurs s'en servent pour «faire des projections, déceler des tendances et savoir comment une société se comporte», a-t-elle résumé.

Mme St-Pierre n'a pas encore discuté avec ses collègues des suites à donner à ce mouvement d'opposition.

Répercussions importantes

De son côté, l'Institut de la statistique du Québec a fait une rare sortie pour s'élever contre le choix fédéral. Dans un communiqué, l'institut affirme qu'on y perdra en fiabilité, en cohérence et en comparabilité des données. Les répercussions, affirme-t-il, seront importantes.

L'organisme appréhende également une baisse du taux de réponse à cause du caractère facultatif du futur questionnaire. Et cela, craint-il, diminuera la fiabilité des statistiques qui en seront tirées.

Le questionnaire long n'était obligatoire que pour 20 % des ménages. Il sera remplacé par une enquête de Statistique Canada qui sera facultative et qui s'adressera au tiers des ménages canadiens.

Avant l'Institut de la statistique du Québec, d'autres organismes et des partis d'opposition se sont élevés contre cette décision fédérale. Une coalition est même née pour s'opposer à ce choix.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) s'oppose elle aussi a l'abolition de l'obligation de remplir la version longue du questionnaire du recensement de 2011.

«La communauté universitaire québécoise déplore cette décision et considère qu'elle entraînera une perte inestimable d'informations de grande qualité essentielles non seulement pour les travaux des chercheurs, mais aussi pour l'ensemble de la population canadienne», a déclaré le président du Conseil d'administration de la CREPUQ, Denis Brière, recteur de l'Université Laval.

Enfin, le ministre fédéral de l'Industrie, Tony Clement a déclaré, jeudi, qu'il est prêt à comparaître en comité parlementaire à Ottawa pour discuter de la décision de Statistique Canada. Il a ajouté que plusieurs Canadiens s'inquiétaient des risques que fait peser sur leur vie privée la participation au recensement.

Le ministre a dit avoir reçu des dizaines et des dizaines d'appuis à sa position au cours des deux derniers jours.


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