Fête nationale: fini l'alcool dans la rue

Dès cette année, les fêtards qui auront acheté... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Dès cette année, les fêtards qui auront acheté quelques bières en prévision de la fête devront s'en départir ou rebrousser chemin en dehors d'un vaste périmètre clôturé établi par les autorités.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Valérie Gaudreau

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) «La caisse de 12 en dessous du bras sur la Grande Allée, c'est terminé.» Le maire Régis Labeaume est ferme : la fête nationale à Québec changera de visage. Et ça commence dès le 23 juin avec la fin d'une longue tradition, celle de se promener alcool à la main dans les rues de la haute ville.

Dès cette année, les fêtards qui auront acheté quelques bières en prévision de la fête devront s'en départir ou rebrousser chemin en dehors d'un vaste périmètre clôturé établi par les autorités. Pour entrer dans le secteur de la colline parlementaire et des plaines d'Abraham, la foule devra en effet passer un des points de contrôle dont les principaux seront situés sur la Grande Allée et l'avenue Honoré-Mercier.

Pour des raisons de stratégie policière, il était toutefois impossible mardi de connaître l'ampleur de la zone où l'alcool sera interdit et combien de rues seront fermées à la circulation.

Mais le directeur adjoint du Service de police de la Ville de Québec, Michel Desgagnés, assure que le contrôle se fera de façon «très délicate». «Ce ne sera pas des barricades. On va essayer d'être soft et transparents», dit-il en soulignant que la vérification s'apparentera à celle pour l'entrée à une scène du Festival d'été.

«Si la personne a de l'alcool, elle devra s'en départir, dit-il. Si les policiers l'interpellent, il y aura dialogue et on verra jusqu'où on va aller avec l'intervention.»

Comme c'est le cas aussi pendant le Festival d'été, seule la bière achetée sur les quatre lieux où sont présentés des spectacles sera tolérée (voir l'encadré). Mardi, le maire Labeaume a plutôt comparé l'ambiance qu'il souhaite voir régner à celle du Red Bull Crashed Ice.

«Il n'y a rien d'extraordinaire là-dedans. Pourquoi c'est bon pour le Crashed Ice et ce ne serait pas bon pour la fête nationale?» a demandé le maire lors d'un comité plénier à l'hôtel de ville mardi matin. Les élus y étaient réunis pour assister à la présentation d'experts qui ont analysé les questions de sécurité lors des célébrations.

Le maire Labeaume reconnaît que cette décision risque de créer des attroupements à l'extérieur du périmètre sécurisé.

«Ça va arriver, c'est certain, mais c'est plus plate prendre une bière dans les jardins de l'Hôtel-de-Ville que de la prendre à côté de la croix du Sacrifice ou la prendre sur Grande Allée, où tu rencontres plein de monde, a-t-il illustré. Mais ce qui est important, c'est que sur la Grande Allée, ce ne soit pas le Far West.»

Rapport d'experts

Ces recommandations, qui incluent aussi la présence de travailleurs de rue, l'ajout de toilettes et des lieux mieux éclairés, découlent du rapport élaboré lors des fêtes de la Saint-Jean 2009 et 2010 par François Pagé, un expert en sécurité mandaté par la Ville.

Ces dernières semaines, Régis Labeaume s'est dit particulièrement inquiet du cocktail potentiellement explosif que représente la densité de fêtards ajoutée à l'état d'ébriété collectif.

Lors du comité plénier mardi, le maire a aussi rappelé la mauvaise image que cette «beuverie» projette de la ville. «On est-tu obligé d'avoir l'air cave?» a-t-il lancé.

«Il faut qu'il se passe quelque chose. Vous pouvez avoir beaucoup de fun, même avec ces conditions-là. On est dans la notion de précaution», a-t-il dit, conscient que «ça ne fera pas plaisir à tout le monde».

Le mois dernier, l'organisme Éduc'alcool a lancé la campagne «Quand on abuse de l'alcool, c'est notre fierté qui en prend un coup», invitant à la modération pendant la fête nationale dans la capitale. Régis Labeaume s'était dit «totalement d'accord» avec une telle initiative.

Le 24 juin au lieu du 23?

L'annonce d'un périmètre interdisant la consommation d'alcool dans la rue n'est qu'une partie du vaste plan de la Ville de Québec pour changer la fête à long terme. D'ici cinq ans, d'autres points comme le type de spectacles offerts et la possibilité d'un volet plus familial seront revus. Même la date pourrait changer.

L'idée de déplacer la fête du 23 au 24 a en tout cas été évoquée lors du comité plénier à l'hôtel de ville mardi. Tout en se disant ouvert à tous les scénarios, le maire Labeaume ne s'est toutefois pas avancé davantage sur cette hypothèse mardi.

«Il faut être honnête : on ne connaît pas la solution parfaite. Là, on suit un plan que nous ont tracé des spécialistes. On va voir et on va évaluer ça le 25 ou le 26.»

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