Supports à vélo sur les autobus: un virage bien négocié au RTC

À Québec, les supports à vélo ont fait... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À Québec, les supports à vélo ont fait leur apparition sur les autobus du Réseau de transport de la capitale (RTC) à l'été 2010.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Les nouveaux supports à vélo testés sur une vingtaine d'autobus de la Société de transport de Montréal (STM) font grogner les chauffeurs, qui se plaignent d'avoir la vue obstruée et ont peur de frapper des piétons. Pendant ce temps, à Québec, le combiné autobus-vélo n'entraîne ni frustration ni accidents car le nouvel équipement a été conçu sur mesure.

Le projet pilote lancé lundi à Montréal s'amorce dans la controverse. Le syndicat des chauffeurs d'autobus conteste l'installation des supports à vélo, craignant pour la santé et la sécurité de ses membres et du public. Il anticipe notamment des collisions avec des piétons puisque les autobus sont souvent obligés d'empiéter sur le trottoir pour faire le plein d'usagers sans trop nuire à la circulation. Avec les supports, cet empiètement atteindra pratiquement un mètre, rapporte La Presse.

À Québec, les supports à vélo ont fait leur apparition sur les autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC) à l'été 2010. Depuis, 67 autobus articulés ont été équipés. Ces mastodontes sont réservés aux parcours à haut débit, soit les Métrobus 800 et 801 pour l'instant. Les cyclistes peuvent utiliser les supports entre le 1er mai et le 31 octobre. Pour ranger ou retirer leur monture - seulement deux par autobus -, il suffit d'actionner un bras d'appui et le tour est joué en 20 petites secondes.

D'autres supports à bicyclettes seront installés au fur et à mesure que de nouveaux autobus articulés seront livrés. Les parcours 802, 803 et le futur 804 devraient en être dotés d'ici quelques années. Auparavant, le RTC doit toutefois construire un nouveau garage pour les abriter, ce qui devrait se faire en 2012-2013.

Conçus sur mesure

Claude Lévesque, porte-parole du RTC, affirme que le dossier n'a pas soulevé les passions à Québec car les supports à vélo ont été conçus sur mesure, en collaboration avec la partie syndicale. Le modèle choisi n'entrave ni la visibilité ni l'utilisation des phares et est plus compact que celui testé dans la métropole. Il est aussi plus coûteux : 1700 $ à Québec contre 900 $ à Montréal. Aucun accident particulier n'a été rapporté depuis l'installation.

Spécialement adaptés aux autobus articulés à plancher bas, les supports ne sont pas transférables sur les autobus réguliers. Qu'importe, puisqu'«il n'y a pas de discussion pour en installer sur les 40 pieds», rapporte M. Lévesque. «La demande n'est pas là», ajoute-t-il.

La présidente du Syndicat des employés du transport public du Québec métropolitain, Manon Brousseau, affirme que ses membres sont «toujours en constante vérification» pour s'assurer de la sécurité des nouveaux équipements ajoutés sur leurs gros bolides. Celle-ci confirme qu'il n'y a pas eu d'incident fâcheux rapporté depuis le choix des supports à bicyclettes, l'an dernier, mais elle considère que l'utilisation restreinte qui en est faite ne permet pas de tirer de conclusion claire.

Clients satisfaits

Marc Jolicoeur, directeur de la recherche à Vélo Québec, croit cependant que les résultats enregistrés à Québec ne sont pas le fruit du hasard. En Amérique du Nord, plus de 80 000 autobus appartenant à 200 sociétés de transport sont déjà équipés de supports à vélo et «il n'y a jamais eu d'incidents majeurs», dit-il.

Depuis Seattle, première ville à tenter l'expérience en 1993, il n'est pas rare que la phase d'implantation soit précédée d'un projet pilote, constate M. Jolicoeur. Et les conclusions sont généralement satisfaisantes pour les employés comme pour les usagers.

«La seule plainte qui revient continuellement, c'est qu'il y a de la place pour seulement deux vélos à la fois», souligne le représentant de Vélo Québec.

Difficile, dans ce contexte, d'entraîner une surcharge de travail pour les chauffeurs, d'autant que les cyclistes qui montent à bord d'un autobus voyagent généralement sur de longues distances, poursuit-il. Pour quelques coins de rue, la bicyclette demeure en effet plus rapide que l'autobus.

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