«Ce serait serré, mais on peut penser qu'avec un amphithéâtre moderne, l'aventure serait rentable», croit le professeur d'économie Philip Merrigan de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
L'économiste et auteur du livre Dernière minute de jeu, les millions du hockey est d'avis que le déménagement d'une franchise actuelle serait la meilleure chose qui puisse arriver aux amateurs de la capitale. «À Québec, remplir le Colisée ne serait pas un problème», fait-il remarquer.
Selon ce dernier, le «nerf de la guerre» dans la LNH se joue maintenant au chapitre de la vente des lucratives loges corporatives. «Avec 100 loges dans un amphithéâtre rempli chaque match, les revenus seraient très intéressants pour un propriétaire», fait-il remarquer.
L'an dernier, une douzaine de clubs de la LNH ont mangé de l'argent. Les Hurricanes de la Caroline (- 11,5 M $US), les Coyotes de Phoenix (- 9,7 M $US), les Panthers de la Floride (- 9,4 M $US) et les Sabres de Buffalo (- 8,9 M $US) ont notamment vu leurs revenus fortement amputés en raison de la baisse d'assistance dans leur amphithéâtre respectif.
À l'inverse, les six clubs de la LNH situés en sol canadien ont tous été très rentables. En jouant à guichets fermés une bonne partie de la saison, ces clubs ont généré 31 % des revenus totaux des ventes de billets du circuit. Par la formule de péréquation mise de l'avant depuis le lock-out de 2004-2005, ils ont même remis plus de 50 millions $ aux équipes les «plus pauvres» de la Ligue.
Il va sans dire que la force du dollar canadien a joué en leur faveur. «Les équipes canadiennes ont disputé une saison entière avec un dollar à parité avec le billet vert», fait remarquer M. Merrigan.
Des bases ébranlées
Chemin faisant, les revenus en dollars canadiens ont largement compensé pour les dépenses (environ 75 %) en dollars américains.
Mais Philip Merrigan va plus loin. L'économiste est convaincu que les fondements financiers de la LNH seront bientôt ébranlés. Le ralentissement économique et la récession qui pointent aux États-Unis devraient avoir raison de certains dogmes, dont celui de développer à tout prix le marché du hockey dans le sud des États-Unis.
«D'ici trois ans, je crois que nous pourrions voir des équipes revenir au Canada. Il y a plusieurs franchises en péril et c'est là que cela devient intéressant pour Québec», fait-il valoir. Pour l'économiste Pierre-Emmanuel Paradis, du cabinet Groupe d'analyse, Québec se situe maintenant dans les 30 meilleurs marchés de hockey en Amérique du Nord.
Une étude commandée par La Presse Affaires récemment démontre que la capitale vient au 30e?rang des villes nord-américaines pouvant accueillir et supporter une équipe de la LNH. Or, la Ligue compte justement 30 équipes.
«On constate que Québec serait à la limite pour faire vivre financièrement une franchise de la LNH, mais cela pourrait marcher», souligne M. Paradis.
L'étude menée plus tôt cette année servait à mettre en lumière les meilleurs marchés de hockey où l'on compte un bassin important de joueurs et assez d'argent pour financer l'achat de loges corporatives.
Dans son analyse, l'économiste Paradis dit avoir ainsi tenu compte du nombre de joueurs fédérés et de l'importance de l'activité économique (produit intérieur brut) dans chaque région métropolitaine observée.
À Québec, l'étude a recensé 8907?joueurs pour un PIB de 19?milliards $US. La région de Toronto arrive bonne première de ce classement avec 99 578 joueurs et un PIB de 209 milliards $US. La région de Montréal vient au cinquième rang en Amérique du Nord avec un bassin de 45 307 joueurs et un PIB de 120 milliards $US.














