«Avec les partenaires, incluant la Ville de Québec, on va se faire une approche, une méthode d'appel d'offres, je suppose, où on va pouvoir offrir aux promoteurs l'occasion de nous soumettre des projets et ensuite on choisira celui qui est le plus approprié, le mieux ficelé», a expliqué le premier ministre Jean Charest en entrevue au Soleil, mardi. Il venait de dévoiler ses engagements pour la région de Québec, dont un montant de 50 millions $ pour un amphithéâtre multifonctionnel.
Ce jour-là, Mark Charest a déclaré que des investisseurs européens étaient prêts à dégainer près de 200 millions $ pour la construction d'un nouveau Colisée à Saint-Augustin-de-Desmaures, à la condition que les gouvernements fédéral et provincial assument au moins le tiers du coût de l'infrastructure. Il a précisé que son projet de Centre Nordik, évalué à 325 millions $, avait déjà été présenté au gouvernement du Québec.
Le bureau du premier ministre a confirmé mercredi avoir reçu le projet «qui reste à être analysé». Par qui? Difficile à dire. La construction d'un amphithéâtre n'est pas chose commune au Québec, encore moins avec la participation des pouvoirs publics. Le Centre Molson, devenu le Centre Bell, chef-lieu du club de hockey Canadien depuis 1996, avait été entièrement financé par le secteur privé.
Le projet de nouveau Colisée pourrait aussi bien être parrainé par le ministère du Développement économique que celui des Affaires municipales ou encore du Loisir et du Sport. Tous trois ont des budgets dévolus aux infrastructures. L'argent pourrait aussi provenir d'une «enveloppe à part» compte tenu de l'ampleur des montants, laisse-t-on entendre au gouvernement.
Appel à l'unité
Le maire de Saint-Augustin, Marcel Corriveau, estime qu'il ne sera pas nécessaire de se rendre à l'appel d'offres. Après avoir vu tous les projets, dont «les niveaux d'avancement ne sont pas au même stade», il constate que les promoteurs se parlent et ne sont pas en concurrence ouverte les uns avec les autres. «Je crois que quand un projet sera suffisamment avancé pour qu'il y ait une annonce ou une offre d'achat sur un terrain, les autres promoteurs vont se rallier au projet qui sera le plus avancé», a-t-il insisté auprès du Soleil, mercredi.
La Ville de Saint-Augustin possède une bande de terrains de huit millions de pieds carrés en bordure de l'autoroute Félix-Leclerc. Assez pour donner des idées aux promoteurs.
À la Ville de Québec, le maire Régis Labeaume accueille la surenchère avec un grain de sel et appelle aussi à la mise en commun des efforts. «Plus il y a de promoteurs, plus ça risque de nuire au projet parce que ça finit par miner la crédibilité», a résumé son attaché de presse, Paul-Christian Nolin. «Commençons par en voir juste un projet sérieux et on va être content», répond-il quand on l'interroge sur la possibilité d'avoir plus d'un choix.
Mark Charest lui-même semblait regretter sa sortie, mercredi matin. Il affirme maintenant qu'il est trop tôt pour étaler les détails de son projet sur la place publique.
Rappelons que l'avocat Guy Bertrand et le comptable Mario Bédard tentent aussi de financer la construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec. Ce dernier incite d'ailleurs les amateurs de spectacles et de hockey à acheter symboliquement un siège dans le futur Colisée.














