Alors qu'il parcourait le monde pour pratiquer son sport, Guillaume Brochu était commandité par d'importantes compagnies pour porter des vêtements et utiliser des planches à neige. «Un jour, ça sera mon tour de payer des riders pour faire la promotion de ma collection de vêtements», s'était-il mis dans la tête.C'est le 21 décembre 2005 que voit le jour la coopérative de travail I Found. Guillaume Brochu s'associe à ses copains Mathieu Laroche, Ézékiel Lebrun et à son frère Jean-Philippe - tous dans la vingtaine - pour fonder l'entreprise qui conçoit et distribue des tuques et des vêtements de sports. Récemment, un cinquième associé, Yohan Sheetz, est venu s'ajouter au quatuor.
Chez I Found, il n'y a pas de patron. Chacun des associés est roi et maître de son secteur d'activité. Les ventes et le marketing sont l'apanage de Guillaume Brochu. Son frangin Jean-Philippe s'occupe des finances. La direction artistique est l'affaire de Mathieu Laroche. Ézékiel Lebrun, qui est aussi propriétaire des boutiques DLX Deluxe, dirige la production. Quant à Yohan Sheetz, installé à Whistler, il s'occupe des athlètes professionnels commandités par I Found.
Dénicher le financement pour le démarrage de l'entreprise n'a pas été de tout repos. En effet, les institutions financières boudent les entreprises manufacturières. Encore plus celles qui fabriquent des vêtements.
Possédant un baccalauréat en philosophie, Jean-Philippe Brochu est celui qui pilotera le montage financier de l'entreprise.
Avec le coup de pouce du Centre local de développement de Québec et du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, il va chercher toute l'aide possible et inimaginable pour compléter l'investissement de 20 000 $ mis sur la table par les quatre associés du départ : Fonds local d'investissement, Fonds de développement des entreprises d'économie sociale, Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs et Fonds jeunes promoteurs.
L'argent, toujours l'argent...
Rapidement, I Found connaît du succès. Les tuques - la coopérative en produit 15 000 par année - font un tabac auprès des accros de sports extrêmes. La stratégie de Guillaume Brochu fonctionne : des planchistes professionnels arborent les créations originales de Mathieu Laroche.
Au bout de trois ans, le chiffre d'affaires de la coopérative a grimpé de 200 %. Les associés repoussent d'alléchantes offres d'achat. Malgré tout, ça ne baigne pas dans l'huile. L'argent demeure un problème. «On vend trop pour ce que l'on est capable de produire», rend compte Jean-Philippe Brochu.
Dans l'industrie du vêtement, entre autres, les fabricants sont payés par les magasins dans les semaines suivant la livraison des produits. Ils doivent donc supporter la production des vêtements pendant de longs mois avant d'être payés.
«Aux États-Unis, des banques vont prendre en garantie les commandes signées. Ici, les institutions financières ne veulent rien savoir. J'aurai beau leur présenter un carnet de commandes de 500 000 $ et elles refuseraient quand même de nous aider», témoigne Jean-Philippe Brochu.
Récemment, I Found est parvenue à s'entendre avec certains de ses fournisseurs qui acceptent maintenant de se faire payer après la livraison des tuques et des vêtements dans les magasins. «C'est une belle marque de confiance à notre égard», estime Guillaume Brochu.











