«Il n'est pas question d'apocalypse à Québec», a indiqué hier le directeur des études municipales du Conference Board, Mario Lefebvre, lors du dévoilement du portrait économique comparé de la région commandé par l'organisme Pôle Québec Chaudière-Appalaches.
Car malgré un sérieux ralentissement, le produit intérieur brut (PIB) de Québec devrait croître l'an prochain de 1,5 %. «Ce sera moins fort qu'en 2008, mais la région continuera de bien faire», a souligné l'économiste.
En 2007, l'économie de la région a affiché une croissance de 3,1 %. Une performance qui l'a placée au troisième rang des économies métropolitaines les plus dynamiques au pays.
La population totale de la région s'est enrichie l'an dernier de 70 000 nouveaux habitants (1 %). Elle se situe maintenant à 730 000 personnes. Cette croissance démographique annuelle se voulait la plus forte depuis 1993.
Cette année, si tout se déroule comme prévu, l'économie de Québec devrait croître de 2 %, soutient M. Lefebvre.
Pour 2009, le Conference Board croit que la stabilité du marché de l'emploi à Québec jouera en sa faveur. Car contrairement à certaines agglomérations où le secteur manufacturier et de la fabrication est très concentré, la présence à Québec de 45 000 fonctionnaires assure une «solidité» au marché du travail.
Le Conference Board souligne que l'économie de Québec s'est d'ailleurs diversifiée au cours des 20 dernières années. Les emplois liés à la fonction publique, par exemple, ne représentent plus que 13 % du PIB total.
En revanche, les secteurs de la finance, des assurances et de l'immobilier a pris du poids dans la région en passant de 16 % du PIB total en 1987 à 21 % aujourd'hui.
La région de Québec demeure ainsi, pour la troisième année consécutive, l'endroit par excellence au Canada et dans le nord-est des États-Unis pour implanter et exploiter une entreprise. Les faibles coûts de la main-d'oeuvre et des transports expliquent essentiellement cette première place.
Les défis
Bien que l'économie de la région continue de croître, plusieurs défis se posent, souligne Mario Lefebvre.
D'une part, la richesse réelle par habitant progresse, mais il y a loin de la coupe aux lèvres, note une étude menée pour le compte de Pôle. Par exemple, le PIB régional par habitant s'élève à 33 900 $ à Québec (19e sur 20) comparativement à 64 400 $ à Hartford (1re).
Une autre lacune relevée par le Conference Board souligne que seulement 33 % de la population de la région affirme connaître l'anglais, alors que la moyenne québécoise s'élève à 41 %.
Chez Pôle Québec Chaudière-Appalaches, on croit que les données comparatives observées par le Conference Board aideront les décideurs économiques de la région à mieux orienter leurs choix au cours des prochains mois. «On demeure optimiste, puisque les fondamentaux de notre économie sont solides», a fait savoir le président de l'organisme, Carl Viel.













