C'est ainsi que le premier vice-président et économiste en chef du Conference Board of Canada, Glen Hodgson, a résumé hier ses recommandations au ministre des Finances Jim Flaherty, à quelques jours de son budget de mardi.
Un peu d'inflation n'aurait rien de mauvais à ce moment-ci, a affirmé l'expert devant les membres de l'Association CFA-
Québec, ajoutant que la Banque du Canada (BdC) semble terrifiée par le spectre de la déflation (quand les prix de biens baissent parce que personne ne peut les acheter).
Avec la baisse du taux d'intérêt directeur de la BdC à 0,5 %, mardi, la politique monétaire atteint ses limites, et le budget doit servir à stimuler la consommation en visant les cibles les plus efficaces, dit M. Hodgson.
Au lieu de promettre des baisses d'impôt sur le revenu, la politique fiscale doit plutôt injecter directement de l'argent dans l'économie, par exemple en haussant le crédit d'impôt pour revenu de travail (qui touche aussi les plus bas salariés) et en bonifiant la prestation fédérale pour enfants (qui est distribuée aux familles).
En augmentant ses dépenses, le gouvernement doit aussi cibler les secteurs où la proportion de contenu canadien sera la plus élevée, pour maintenir les emplois.
En matière d'infrastructures, le défi de M. Flaherty sera de combler le plus directement possible les besoins des municipalités qui ont déjà établi une liste de centaines de projets qui n'attendent que du financement.
Ottawa devrait aussi, dit Glen Hodgson, ajuster les règles de l'assurance emploi pour en faciliter l'accès et en augmenter la durée et ainsi aider les travailleurs à passer à travers la crise et notamment aux immigrants à rester au pays.
Les fonds disponibles devraient aussi servir à augmenter la formation des travailleurs pendant leurs périodes de chômage.
Après avoir accumulé des surplus et commencé à rembourser sa dette pendant plusieurs années le gouvernement fédéral a maintenant la marge de manoeuvre nécessaire pour injecter par un budget déficitaire une forte stimulation à l'économie, soutient le Conference Board.
Son porte-parole ajoute que la confiance des consommateurs et la croissance économique devraient revenir au Canada bien plus rapidement qu'aux États-Unis. Donc, dit M. Hodgson, les stimulations de l'économie doivent être temporaires pour que le gouvernement puisse revenir à un budget équilibré le plus rapidement possible.











