«Pas trop vite», s'empresse d'indiquer le pdg de l'agence de développement économique, Carl Viel. «Une sérieuse réflexion devra se faire avant d'en arriver là.»«Chose certaine, on ne changera pas de nom à partir d'un commentaire émis par une personne dans un journal», affirme M. Viel, un brin courroucé par la controverse venue de l'Europe.
Il appert que, là-bas, le terme chaudière n'évoque pas la sinueuse rivière Chaudière qui traverse la Beauce, mais bien une «fournaise au XIXe siècle», comme l'ont souligné les gens de la mairie de Namur à l'occasion de la visite, la semaine dernière, du maire de Québec, Régis Labeaume.
Il n'en fallait guère plus pour remettre en question l'identité de l'agence de développement économique. Un sujet qui fait d'ailleurs l'objet de discussions depuis quelques mois au sein du conseil d'administration de PÔLE.
Autonomie
La disparition de Chaudière-Appalaches dans la dénomination ne devrait pas susciter une levée de boucliers sur la Rive-Sud, a appris Le Soleil.
En effet, la région administrative de la Chaudière-Appalaches a déjà fait son deuil de PÔLE Québec Chaudière-Appalaches. «La région a décidé de vivre une plus grande autonomie par rapport aux acteurs qui interviennent sur son territoire», explique Laurent Lampron, le directeur général de la Conférence régionale des élus (CRE).
«Nous avons choisi de nous en remettre à notre réseau de centres locaux de développement et à l'organisme Développement PME Chaudière-Appalaches qui, à notre avis, est l'agence par excellence en matière de développement économique au niveau régional», précise M. Lampron en signalant que le CRE avait tenu, en 2007, une réflexion sur le positionnement des organismes économiques sur son territoire.
Des commissaires industriels de la Beauce ont mentionné au Soleil que la disparition de la nomination Chaudière-Appalaches pourrait être une bonne chose et faciliterait le départage des responsabilités en matière de développement économique sur les deux rives du Saint-Laurent.
Outre la ville de Lévis, aucune autre municipalité de la Rive-Sud n'a une entente de services avec PÔLE.
«Notre entente de trois ans prendra fin en avril prochain et il faudra bientôt s'attarder à la suite des choses», a indiqué le porte-parole de la mairesse Danielle Roy-Marinelli, Alain Blanchette.
Pour bénéficier des services de PÔLE, Lévis débourse 100 000 $ par année.
Selon Carl Viel, l'organisme devra s'interroger sur l'effet qu'aura un changement de dénomination sur sa notoriété et mesurer les impacts financiers auprès de ses partenaires, soit la Ville de Québec et les gouvernements du Canada et du Québec.
«Pour le moment, le changement de nom n'est pas une priorité. L'aide à apporter aux entreprises dans le contexte économique difficile est pas mal plus important», a-t-il insisté.












