Lors du Sommet sur l'économie et l'emploi de 1996, le premier ministre Lucien Bouchard parvient à dégager un consensus sur l'urgence de faire le ménage dans le Trésor du Québec. Son gouvernement pond une politique qui vise à faire passer le déficit de 3,9 milliards $ à 0 $ en quatre ans. Au même moment, le Québec est frappé d'une réduction de 2,2 milliards $ de ses transferts fédéraux.
La rationalisation des dépenses dans le secteur public ne tarde pas à faire pousser de hauts cris. En mars 1997, la CSN dénonce le «saccage des services publics» et «des compressions qui annoncent un précipice social». «Amputer d'un milliard de dollars le réseau de l'éducation en deux ans et diminuer de plus de deux milliards le financement du réseau de la santé, cela propage des ondes de choc qui sapent les fondements de nos grands réseaux», décrie la centrale syndicale.
Un programme de mise à la retraite a entraîné deux fois plus de départs que prévu dans l'appareil public, soit 30 464 salariés directs ou indirects. Le secteur de la santé et des services sociaux se vide de près de 10 % de son effectif.
Plusieurs soutiennent que les effets des mises à la retraite en Santé et en Éducation sont encore ressentis aujourd'hui. Dans un mea culpa péquiste publié en 2004, le député de Rousseau François Legault admettait que les suppressions ont été dommageables. «Il faut reconnaître sans détour que la mise à la retraite de milliers d'infirmières et de médecins, de même que le départ d'un millier d'orthopédagogues et d'orthophonistes qui s'occupaient de nos élèves les plus vulnérables ont été des erreurs que nous devons pleinement assumer», a-t-il écrit dans le document Le courage de changer.
Duel perpétuel
Toute la question du déficit a aussi été marquée par de nombreuses passes d'armes entre le gouvernement et le vérificateur général. Pendant longtemps, le vérificateur a reproché aux politiciens de ne pas tenir compte des déficits des hôpitaux et des établissements scolaires dans ses chiffres. Québec a consenti en 2007 à revoir ses méthodes comptables pour les rendre plus fidèles à la réalité des finances publiques. Une mésentente tenace entre le ministère des Finances et le vérificateur sur la question du déficit cumulé du Québec ne semble pas vouloir s'éteindre.











