Rousseau accepte une partie du blâme pour les pertes de la Caisse

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Rousseau accepte une partie du blâme pour les pertes de la Caisse

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Henri-Paul Rousseau

La Presse Canadienne

La Presse Canadienne
Montréal

Brisant le silence, lundi, au sujet des déboires de la Caisse de dépôt et placement, son ancien grand patron, Henri-Paul Rousseau, a pris le blâme pour les pertes de l'institution dues au papier commercial adossé à des actifs (PCAA).

M. Rousseau, qui s'exprimait devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a affirmé que la Caisse a été frappée de plein fouet par un ensemble de facteurs qui ont créé la «tempête parfaite».

«Le 25 février, la Caisse de dépôt et placement du Québec a publié ses résultats pour l'année 2008. Ces résultats ont semé l'émoi chez les Québécois, et je les comprends», a-t-il lancé d'entrée de jeu.

Selon M. Rousseau, la crise financière qui a frappé la planète en 2008 a touché la Caisse plus durement en raison de trois facteurs: l'impact des règles comptables qui lui sont propres, le coût de la protection contre la fluctuation de change et une provision de 4 milliards $ sur le PCAA.

L'ex-pdg a accepté l'entière responsabilité en ce qui a trait au PCAA, admettant que la Caisse a commis une erreur en décidant d'en accumuler autant. «Je vous le dis d'emblée, la situation du PCAA s'est développée lorsque j'étais premier dirigeant de la Caisse, et à ce titre, j'en prends la responsabilité totale», a-t-il soutenu.

Des bémols

Lorsque des journalistes lui ont demandé, en point de presse, s'il avait pensé s'excuser auprès des Québécois, M. Rousseau a toutefois mis un bémol. Selon lui, il est très clair que la crise financière a commencé véritablement en octobre 2008, plusieurs mois après la fin de son mandat. «Je suis d'accord pour prendre mes responsabilités, mais pas celle de la crise financière», a-t-il lancé.

M. Rousseau croit que la crise financière a prouvé que «l'improbable, voire l'impossible, peut arriver» et se dit convaincu que la crise de 2008 marque un changement radical dans la façon dont la finance va évoluer.

Malgré tout, M. Rousseau a affirmé que la Caisse est «dans un bien meilleur état pour traverser la crise qu'on semble le croire».

«Même en tenant compte de la dure année 2008, le patrimoine des déposants à la Caisse aujourd'hui est plus élevé que si la Caisse avait reproduit de 2002 à 2008 sa performance historique des années 1990», a-t-il avancé.

Le plus important gestionnaire institutionnel du Canada a annoncé avoir inscrit une perte nette de 39,8 milliards $ pour l'exercice terminé le 31 décembre, soit 25% de son actif net, qui est passé de 155,4 à 120,1 milliards $ en un an.

Prêt à témoigner

Pour faire la lumière sur ces pertes, le Parti québécois réclame la tenue d'une commission parlementaire spéciale à laquelle la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, serait convoquée, de même qu'Henri-Paul Rousseau, qui s'est dit lundi prêt à témoigner.

Mme Jérôme-Forget s'est plutôt offerte aux questions de l'opposition, lors d'une séance régulière d'interpellation qui aura lieu vendredi prochain à l'Assemblée nationale.

En ce qui a trait à la possibilité de la tenue d'une enquête publique, réclamée par certains, M. Rousseau a affirmé n'avoir «aucune difficulté avec toutes les sortes d'études que vous pouvez faire», mais qu'on n'y apprendrait rien de plus que ce qu'il a révélé dans son discours devant la Chambre de commerce.

Par ailleurs, M. Rousseau a insisté sur l'indépendance politique de la Caisse de dépôt lors du point de presse qui a suivi son discours. Ayant servi sous deux gouvernements - péquiste et libéral - l'ancien grand patron de la Caisse assure n'avoir subi aucune intervention de la part de quelque politicien que ce soit. Il a affirmé avoir lui-même communiqué avec des membres du gouvernement en août 2007, lors de l'éclatement de la crise du papier commercial.

Henri-Paul Rousseau a quitté la présidence de la Caisse de dépôt et placement du Québec en mai 2008 pour aller occuper un poste de haut niveau chez Power Corporation.

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