C'est du moins ce qu'avance l'analyste russe Dmitri Alexandrov de la firme Financial Bridge de Moscou. Dans une note de recherche envoyée aux investisseurs, l'analyste soutient que Gazprom a abandonné plusieurs projets d'investissements à l'extérieur de la Russie, dont Rabaska.
«Gazprom s'est retiré de sa participation dans le terminal Rabaska au Canada», écrit l'analyste. Selon ce dernier, la faiblesse des prix du gaz naturel en Amérique du Nord aurait incité le géant russe à revoir ses visées expansionnistes au Canada.
Chez Rabaska (formé de Gaz Métro, de Gaz de France et d'Enbridge), on soutient que le retrait de Gazprom comme partenaire éventuel du projet ne compromet en rien la construction du terminal de 1 milliard $ à Lévis, sur la Rive-sud de Québec. La semaine dernière, Rabaska a procédé à l'achat de ses premiers terrains à Lévis.
«On continue de négocier une entente d'approvisionnements avec eux, mais à un rythme plus lent que prévu», a fait savoir hier le porte-parole Simon Poitras.
L'investissement de Gazprom dans Rabaska (27 % des parts) se serait surtout traduit par un débours de près de 400 millions $US. Le géant gazier russe aurait payé non seulement pour la construction du terminal, mais aussi pour l'accès au marché américain.
En mai dernier, les partenaires de Rabaska avaient pourtant signé à Québec une lettre d'intention avec Gazprom visant à conclure d'ici la fin de 2008 un contrat d'approvisionnement pour le terminal méthanier Rabaska.
Prix à la baisse
Or, le ralentissement planétaire de l'économie et la baisse des prix du gaz ont refroidi les ardeurs du géant russe. Il faut dire qu'en mai dernier, le prix du gaz naturel était à son apogée en Amérique du Nord. Le prix de 1000 pieds cubes de gaz valait alors 12 $US. Hier, cette même quantité ne se vendait plus que 4 $US.
Chez Rabaska, on reconnaît que les prix actuels du gaz ne pourraient justifier la construction d'un terminal méthanier. Rabaska refuse toutefois de dévoiler sa formule de rentabilité.
La crise pèse lourd
Du côté de Gazprom, la crise financière pèse lourd sur ses épaules. Le plus important producteur de gaz de la planète peine à trouver du financement pour ses projets de développement en Russie.
Ainsi, le projet Rabaska pourrait d'ailleurs ne voir le jour que beaucoup plus tard que prévu (2014). Certains analystes parlent maintenant d'une entrée en service possible en 2017, et même en 2020.
La construction de Rabaska à Lévis est directement liée au développement du champ gazier Shtokman, situé dans la mer de Barents (nord de la Russie). La première phase de ce projet, mené par Gazprom (51 %) et ses partenaires Total et StatOilHydro, nécessite des investissements de 15 milliards $US.










