«Si on avait su, nous aurions sûrement agi différemment», a fait savoir hier Claude Garcia en entretien au Soleil.
M. Garcia siégeait jusqu'à vendredi dernier au conseil d'administration de la Caisse de dépôt. Il a remis sa démission après avoir appris la veille par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, que son mandat de cinq ans à titre d'administrateur ne serait pas renouvelé.
Claude Garcia agissait également comme président du comité de vérification des états financiers de la Caisse. Lors de son mandat, il dit avoir été tenu dans l'ignorance sur les investissements de la Caisse dans les satanés papiers commerciaux.
«À chaque rencontre du comité de vérification, nous recevions un rapport de la direction sur la concentration du risque et un autre sur les investissements dans les marchés monétaires. Nous pouvions voir alors le total des sommes investies. Mais jamais nous avons vu apparaître une série de placements définis par catégories, ni encore par émetteurs. Rien sur les PCAA», a-t-il souligné.
Comme un TGV
L'ex-président de la Standard Life confirme ainsi les dires de la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, qui a avoué mercredi n'avoir rien vu passer des PCAA alors qu'elle siégeait au conseil d'administration de la Caisse.
«Lorsque nous avons appris que la Caisse avait des placements dans les PCAA, c'est comme si nous avions été frappés par un TGV. Nous étions alors au mois d'août 2007. On ne le savait pas», a dit M. Garcia.
Le financier dit d'ailleurs ne rien comprendre à ce type de produits financiers. «Je peux vous dire que je gère mes placements depuis 20?ans et n'ai jamais acheté de papier commercial pour moi-même, alors...»
Claude Garcia espère que la lumière sera faite sur la pire glissade financière de la Caisse afin de ne pas répéter les erreurs du passé.
«On se demande pourquoi on ne l'a pas su. J'aurais aimé savoir pourquoi la Caisse a tant acheté de ces produits? Qui a été le vendeur? On sait toutefois que ce sont les gestionnaires du secteur de revenu fixe qui ont fait les achats.»
M. Garcia signale que les rencontres du comité de vérification n'étaient jamais prises à la légère. «Certaines réunions pouvaient durer plus de cinq heures. On travaillait avec les chiffres que l'on avait.»
Au passage, Claude Garcia dit se poser un tas de questions depuis deux ans, notamment sur le rôle du vérificateur général du Québec qui n'a, lui aussi, rien vu passer des PCAA. «Il ne l'a pas vu et nous, au conseil, on se fiait beaucoup sur son travail.»
Rappelons qu'au cours des prochaines semaines, de nouveaux membres feront leur entrée au sein du c.a. de la Caisse de dépôt.
Actuellement, le conseil de la Caisse compte 12 sièges occupés sur une possibilité maximale de 15. Les mandats d'au moins la moitié des administrateurs en place sont arrivés à échéance.

















