Québec résiste à la récession: le taux de chômage passe à 3,9 % dans la région

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Québec résiste à la récession: le taux de chômage passe à 3,9 % dans la région

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Le secteur le plus touché a été celui de la construction qui a perdu 43 000 postes au Canada.

Pierre Couture
Le Soleil

(Québec) Alors que le marché de l'emploi dégringole un peu partout au pays, l'économie de Québec con­tinue de tenir le coup. En février, le taux de chômage a atteint 3,9 % dans la région métropolitaine , en hausse de 0,1 %.

À l'échelle nationale, Québec vient maintenant au deuxième rang des économies les plus dynamiques, derrière Regina (3,7 %). En février, le marché du travail de la région métropolitaine a devancé Edmonton (4,4 %), Calgary (4,7 %) et Winnipeg (4,7 %).

La récession ne semble d'ailleurs pas affecter le moral des employeurs de la capitale. En février, il s'est notamment créé des emplois dans les secteurs de la construction, de la santé et des assurances.

Plusieurs employeurs avouent d'ailleurs être en pénurie de main-d'oeuvre. Plus de 6000 postes seront d'ailleurs offerts dès vendredi à la traditionnelle Foire de l'emploi.

La bonne tenue de l'économie de Québec demeure cependant une exception dans la province. Dans Chaudière-Appalaches, le taux de chômage a bondi de 1,4 % le mois dernier, à 7,3 %. À Montréal, il a atteint 8,1 %, à Saguenay 8,9 %, à Trois-Rivières 8 % et à Gatineau 5,6 %. À Sherbrooke, le taux de sans-emploi s'élève à 6,4 %, en baisse de 0,3 %.

En tout et pour tout, le Québec a encaissé une perte de 18 400 emplois en février, note Statistique Canada. Le taux de chômage est ainsi passé de 7,7 % à 7,9 %. Depuis le 1er janvier, l'économie québécoise a encaissé un recul de 44 200 emplois.

Les emplois perdus en février l'ont surtout été dans le secteur des services (- 38 600) qui avait pourtant résisté aux mauvaises nouvelles jusqu'à maintenant.

«Souhaitons que les plans de relance annoncés des deux côtés de la frontière prendront effet le plus rapidement possible pour limiter le glissement encore plus sévère de l'économie et du marché du travail», signale l'économiste du Mouvement Desjardins Joëlle Noreau.

«Désastreux»

Les pertes enregistrées au Québec n'ont toutefois rien à voir avec celles observées au pays. En février, 129 000 emplois sont disparus des écrans radars. Le taux chômage canadien a avancé à 7,7 %, en hausse de 0,5 %.

Une saignée que les économistes qualifient de dramatique. «Les pertes d'emplois durant la récession actuelle seront plus importantes que lors des récessions des années 80 et 90», a prévenu hier l'économiste Sébastien Lavoie de la Banque Laurentienne.

Ce dernier s'attend à ce que le taux de chômage grimpe à 9 % tant au Canada qu'aux États-Unis d'ici la fin de l'année. Il fait d'ailleurs remarquer que le taux de sans-emploi est maintenant plus élevé en Ontario (8,7 %) qu'aux États-Unis (8,1 %).

À la Financière Banque Nationale, on note que les entreprises canadiennes semblent réagir plus rapidement aux prévisions économiques négatives que lors des deux dernières récessions.

L'économiste Yanick Desnoyers signale que, malgré la détérioration de l'économie canadienne, les travailleurs ont toutefois vu leur pouvoir d'achat progresser depuis un an. «Les salaires horaires moyens sont en hausse de 3,9 % sur une base de 12 mois comparativement à une inflation de 1,1 %», fait-il valoir.

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