La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a indiqué aux journalistes, mardi, après avoir évité de donner la réponse en Chambre, que le patron de la Caisse encaissera des bonis basés sur le rendement.
Selon nos informations, le décret qui détermine sa rémunération fixe son salaire annuel à 500 000 $. C'est légèrement supérieur aux 460 000 $ pour M. Rousseau, prévus dans l'arrêté ministériel de juin 2006.
Divers mécanismes permettaient à ce dernier d'augmenter sensiblement ses émoluments. En 2007, Henri-Paul Rousseau a touché 1,8 million $, en incluant son salaire de base. En 2006, c'était 1,9 million $. D'après les informations transmises au Soleil, M. Sabia se voit accorder un traitement identique pour les bonis reflétant les rendements.
À l'Assemblée nationale, le Parti québécois a relancé de plus belle ses attaques au sujet de la nomination de Michael Sabia à la tête de la société d'État qui gère le «bas de laine» des Québécois.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a accusé le premier ministre Jean Charest de s'être ingéré dans le processus pour désigner le grand responsable de la Caisse. La péquiste a noté le fait que le conseil d'administration de la CDPQ n'a rencontré qu'un seul candidat, M. Sabia.
«Pourquoi (le premier ministre) a-t-il mis les deux mains dans la Caisse de dépôt?» a-t-elle lancé en qualifiant de «mascarade» ce qui a entouré le choix du nouveau patron de la Caisse. Pauline Marois s'en est pris à la présence de Jean-Pierre Ouellet au sein du le comité de sélection. Ses liens d'amitié avec M. Sabia auraient dû l'amener à se retirer du groupe restreint de quatre personnes chargé de trouver un successeur à Henri-Paul Rousseau.
Charest garde le secret
Jean Charest s'est défendu d'être intervenu. Le chef libéral a rétorqué que tous, y compris Mme Marois, «demandaient qu'on nomme le pdg le plus rapidement possible». Il a refusé de dévoiler quelles autres candidatures ont pu être examinées. À la Caisse de dépôt, comme dans toute autre entreprise, «on ne va pas mettre sur la place publique les noms de ces gens-là».
François Bonnardel, critique de l'Action démocratique du Québec, s'est élevé contre le choix de Michael Sabia. Une «nomination qui s'est faite sur un coin de table», «un choix partisan», effectué en «violant les règles du conseil d'administration de la Caisse de dépôt».











