Le secret bien gardé du dépanneur

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Le secret bien gardé du dépanneur

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Le dépanneur est une force économique méconnue.

Photothèque Le Soleil

Anne Drolet
Le Soleil

(Québec) Qui peut se vanter de rejoindre 10,4 millions de Canadiens cha­que jour? C'est pourtant le nombre de personnes qui transitent dans un des quelque 23 000 dépanneurs du pays.

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Quelques statistiques en vrac

Infographie Le Soleil

Et l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA) compte user de cette vitrine pancanadienne pour faire entendre sa voix et promouvoir ses intérêts.

L'ACDA rend d'ailleurs public aujourd'hui le premier rapport entièrement consacré à cette industrie. Fruit d'une vaste compilation de statistiques provenant de différentes sources, le rapport met notamment en lumière que les dépanneurs (avec ou sans station-service) arrivent au cinquième rang du secteur du commerce au détail (excluant les ventes de véhicules).

Ils devancent ainsi les centres de rénovation et les magasins de vêtements, entre autres.

Ils procurent 165 000 emplois et ont inscrit en 2008 des ventes globales de 32,1 milliards $.

Effet majeur

Autre particularité, le dépanneur a «un impact majeur sur les revenus des gouvernements», souligne le rapport, surtout parce qu'il est un vendeur important de produits contrôlés comme les boissons alcoolisées, le tabac et la loterie. Les taxes perçues en 2008 représentaient 11,3 milliards $, soit plus du tiers des revenus des dépanneurs. «La population nous connaît comme une image locale, mais elle ne nous connaît pas comme une force coordonnée nationale immense», explique le vice-président principal de l'ACDA, Michel Gadbois, qui ajou­te qu'il était grand temps que ce portrait de l'industrie soit fait. Le même exercice sera dorénavant répété chaque année.

«C'est le premier pas pour se faire connaître et que la population réalise c'est quoi les batailles qu'on mène. Et il y en a plusieurs qui devraient être de l'intérêt du grand public», soutient M. Gadbois. Il mentionne par exemple la contrebande, qui ferait perdre quelque 2,6 milliards $ de revenus par année à ses membres, et environ 1,3 milliard $ au gouvernement en taxes, selon les estimations contenues dans le rapport.

Les frais de cartes de crédit jugés exorbitants pour les commerçants sont un autre cheval de bataille de l'ACDA. Selon M. Gadbois, les sommes qui échappent aux détaillants finissent par être refilées aux consommateurs. «Ça n'a pas de sens, on est le pays au monde où les frais pour les cartes de crédit sont les plus élevés, affirme-t-il. On parle à 10 millions de consommateurs par jour au Canada, deux millions au Québec. [...] Si on s'organise bien, on va pouvoir passer nos messages et ces messages-là ont des effets bénéfiques pour la population et pour l'économie», avance M. Gadbois.

Une voix

L'ACDA, qui existe au pays depuis environ deux ans et demi, compte faire entendre sa voix auprès des consommateurs, mais aussi auprès des gouvernements, pour faire changer des réglementations qu'elle estime trop contraignantes. Ce rapport sera présenté aujourd'hui aux membres de l'industrie, à Laval, et sera notamment commenté par le président et chef de la direction de Couche-Tard, Alain Bouchard. Le ministre fédéral du Revenu, Jean-Pierre Blackburn, est quant à lui l'invité du déjeuner-causerie qui suivra.

 

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