Fondée en 1996, Qualtech a connu une croissance rapide au cours des 10 dernières années. Spécialisée dans la fabrication d'équipements et de composantes à base d'acier inoxydable pour le secteur agroalimentaire et pour l'industrie biopharmaceutique, l'entreprise a frappé un premier mur à l'été 2008.
Dans la tourmente de la crise de la listériose et luttant pour leur survie, les fromageries québécoises - la plupart d'entre elles sont des clientes de Qualtech - ont remis à plus tard ou carrément abandonné leur intention de renouveler leurs équipements.
Un deuxième mur
Le deuxième mur, Qualtech l'a frappé l'automne dernier alors que l'ensemble de ses clients n'arrivaient plus à trouver les dollars nécessaires pour financer leurs projets d'investissements.
«Pour nous ajuster à notre carnet de commandes qui fondait à vue d'oeil, nous avons été contraints à effectuer trois ou quatre mises à pied au mois de décembre», raconte Jean Simoneau, vice-président des finances chez Qualtech. «Nous comptions en faire d'autres au début du mois de janvier compte tenu que le premier trimestre 2009 s'annonçait fort tranquille.»
À la mi-décembre, il apprenait l'existence de la mesure de Soutien aux entreprises à risque de ralentissement économique (SERRÉ) du gouvernement du Québec qui permet d'éviter le licenciement des travailleurs en utilisant la réduction des heures de travail pour accroître le niveau des compétences des travailleurs.
Il passa alors une bonne partie de la période des Fêtes à préparer la demande d'aide. Dès le 6 janvier, il l'achemina à Emploi-Québec qui, à peine quelques jours plus tard, lui accorda une aide de 100 000 $ pour financer un programme de formation de 2160 heures destiné à une quarantaine des 60 employés de Qualtech.
La mesure SERRÉ rembourse les frais de formation et verse jusqu'à concurrence de 20 $ l'heure le salaire du participant à l'activité de formation.
«Ce coup de pouce arrivait juste à point et nous a permis d'éviter de licencier temporairement au moins cinq personnes», précise M. Simoneau.
«Nous voulions à tout prix éviter de perdre des travailleurs. La soudure sanitaire est un domaine très spécialisé. Il n'y a pas de place pour l'erreur. Il ne doit pas rester de résidus dans le lait ou les fromages. Bien sûr, nos soudeurs arrivent ici bien formés, mais ils apprennent aussi beaucoup à partir de nos procédés de fabrication. C'est pourquoi nous craignons toujours de les perdre.»
Non seulement Qualtech peut conserver ses travailleurs, mais l'entreprise accroît leurs compétences avec le programme de formation qui touche des domaines aussi variés que la programmation d'automates, la sécurité des machines, l'assemblable d'acier inoxydable, la soudure haute pression, les procédés de pasteurisation, la conception 3D, l'anglais et l'espagnol.
«Notre carnet s'est rempli les mois d'avril, mai et juin. Nous cesserons les activités durant ce trimestre. Nous reprendrons le tout cet été car il y a peu d'ouvrage à l'horizon», indique M. Simoneau en signalant que Qualtech réalisait 75 % de ses affaires au Québec et 20 % en Ontario. Elle a aussi des clients au Nicaragua, à Panama et en Colombie.











