La valse, la vision et la réponse

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Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Les mauvaises nouvelles viennent en général des statistiques économiques. Les bonnes émergent des résultats trimestriels des premières sociétés publiques à dévoiler leur rapport financier.

Les investisseurs semblent oublier les premières pour applaudir les secondes, commente Steve Buisson, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

C'est cependant la semaine prochaine que se jouera la grande «valse»  des chiffres des trois premiers mois de 2009, indique André D'Amours, de la Financière Banque Nationale.

Mais, selon lui, ce qui a le plus marqué l'ascension des indices boursiers au cours des derniers jours, ce n'est pas seulement la divulgation de résultats légèrement supérieurs aux attentes des analystes.

Les marchés, dit-il, voulaient apprécier la «vision» des dirigeants de sociétés. Par exemple quand ceux d'Intel ont évoqué que le niveau plancher pour le marché des ordinateurs personnels est atteint et que la reprise est en vue d'ici la fin de l'année. Ou quand ceux de Nokia envisagent cette étape pour le troisième trimestre.

Dans ce contexte, Louis Painchaud, de RBC Dominion valeurs mobilières, retient que 60 % des sociétés composant l'indice S&P 500 qui ont déjà ouvert leurs livres ont dépassé les prévisions, malgré des performances plutôt ordinaires.

Et parmi celles-ci, dit-il, il y a de très gros joueurs comme General Electric avec son bénéfice trimestriel net de 26 ¢ par action, alors que le consensus des analystes pointait vers 21 ¢. Autrement dit, le profit est moins bon que l'an dernier, mais meilleur qu'attendu.

Même chose chez Citigroup, où on a annoncé une perte de 18 ¢ par action comparativement à une estimation moyenne de -34 ¢. Cette banque, dit M. Painchaud, n'est pas «sortie du trou, mais elle a amélioré ses revenus».

Elle a haussé ses marges en réduisant ses coûts, explique M. Buisson, et aurait enregistré un bénéfice si elle n'avait pas calculé des radiations d'actif et des réserves sur ses prêts pour une valeur de 9,7 milliards.

Goldman Sachs a aussi dévoilé des chiffres rassurants, mais MM. Painchaud et Buisson retiennent surtout son intention de rembourser rapidement les milliards de dollars empruntés du gouvernement américain.

M. D'Amours  note que certaines pharmaceutiques ont aussi fait mieux que prévu en haussant leurs marges bénéficiaires.

La réponse des marchés a été bonne et tout cela augure plutôt bien pour la suite de la ronde de résultats. Si on n'a pas de mauvaises surprises, par exemple dans les chiffres de la dizaine de grandes institutions financières américaines qui entrent dans la danse la semaine prochaine, il pourrait devenir moins inquiétant d'investir, selon M. Buisson.

Il semble y avoir moins de brouillard pour les entreprises, ajoute M. D'Amours. Il constate aussi que la remontée, pendant la saison des REER au Canada, des injections nettes dans les fonds mutuels pourrait annoncer une plus grande activité des gestionnaires. Car, même si l'argent est allé vers les fonds du marché monétaire, on voit déjà des transferts vers des fonds d'actions.

La semaine prochaine amènera aussi de ce côté-ci de la frontière un vaste étalage de résultats de sociétés importantes dans les transports (Canadien National et Canadien Pacifique) ou dans les ressources (Potash et Teck-Cominco) et l'énergie (Encana, Suncor et Petro-Canada).

Cette semaine, Steve Buisson s'attendait déjà à des prises de profit qui devraient survenir incessamment, à son avis.

Jusqu'à maintenant, les bons résultats ont compensé des statistiques économiques plus difficiles, mais, si le nombre de nouvelles demandes d'assurance emploi a diminué aux États-Unis, le taux de chômage ne s'améliore pas, note Louis Painchaud. Il précise aussi qu'on ne sait pas si le moratoire sur les reprises de maisons pour défaut de paiement sera prolongé.

À travers quelques signaux plus positifs, André D'Amours fait aussi remarquer que l'utilisation des capacités des entreprises manufacturières a atteint un creux historique. Mais il s'agit là d'un autre indicateur retardataire et, avec le niveau extrêmement bas des inventaires, la moindre reprise pourrait faire exploser la production.

Il ne faut pas oublier, non plus, que la Banque du Canada nous réserve une fixation de son taux directeur mardi, et  une mise à jour de sa politique monétaire jeudi.

AVERTISSEMENT ? Le fait de mentionner un titre dans le texte qui précède ne doit pas être interprété comme une recommandation d'achat ou de vente de la part du «Soleil», ni de l'auteur, ni de la part de l'un ou l'autre de ses interlocuteurs.

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