Officiellement, malgré des pertes de 20 millions $ par année depuis 2001, les Coyotes sont à Phoenix pour y rester. Ça, c'est le discours tenu ces temps-ci par la Ligue et son président, Gary Bettman. En coulisses toutefois, ça grouille et grenouille, comme on dit.
Or, dans les faits, le dossier ne sent pas très bon. Sur papier, Phoenix demeure d'ailleurs très attirante pour implanter une équipe de sport professionnel. Le salaire moyen des travailleurs tourne autour de 32 000 $US alors que la population de cette région métropolitaine dépasse les quatre millions d'habitants. Les sièges sociaux pullulent, les grosses fortunes aussi.
La Ligue pensait donc bien faire en déménageant les Jets de Winnipeg vers Phoenix en 1996. Mais le hic, c'est que Phoenix n'est pas une ville de hockey. Le football (Cardinals), le basketball (Suns) et le baseball (Diamondbacks) sont très populaires. Normal pour une ville du Sud, les amateurs aiment les sports qu'ils peuvent pratiquer. Le hockey? Pas vraiment la tasse de thé des gens de Phoenix.
L'an dernier, les assistances aux matchs des valeureux Coyotes ont continué à décliner. En 2006, l'équipe attirait en moyenne 15 582 spectateurs. Cette année (saison 2008-2009), les Coyotes ont déclaré 14 875 spectateurs présents (moyenne de 39 $US par billet vendu) à chacune des 41 parties à domicile.
Outre les Coyotes, qui trônent dans les bas-fonds des assistances de la Ligue, on compte également les Islanders de New York, les Trashers d'Atlanta, les Predators de Nashville et les Blue Jackets de Columbus.
Tiens, tiens, tiens. À l'exception des Islanders, ces équipes ont fait partie du «virage» vers le sud entrepris par la Ligue ces dernières années. Résultat : ces franchises vivotent à perte sans réel espoir.
La situation est devenue tellement embarrassante que même l'Association des joueurs de la LNH prône un retour de ces équipes déficitaires au Canada. Le président Glen Healy soutient que la LNH devra se rendre à l'évidence. Le hochey, c'est au Canada que cela se passe.
L'an dernier (saison 2007-2008), une douzaine de clubs de la LNH ont perdu de l'argent. À l'inverse, les six clubs de la LNH situés en sol canadien ont tous été très rentables.
En jouant à guichets fermés, les clubs canadiens ont généré près de 40 % des revenus totaux des ventes de billets du circuit. Par la formule de péréquation mise de l'avant depuis le lock-out de 2004-2005, les équipes canadiennes ont même remis plus de 50 millions $ aux équipes les plus «pauvres» de la Ligue.
Il faut dire que les joueurs en ont également assez. Une clause spéciale incluse dans leurs contrats les oblige à verser 20 % de leur salaire dans un compte en fiducie. Cet argent (qui ne reviendra pas) servira notamment cette année à éponger une grande partie des déficits des équipes dans le rouge.
Et Québec dans tout cela? «Donnez-moi encore un an et on pourrait être prêt à discuter avec une équipe de la LNH qui voudrait s'en venir à Québec», avance le promoteur et fiscaliste Mario Bédard, qui veut construire un aréna de 18 000 sièges dans la capitale.
Selon ce dernier, il serait étonnant de voir les Coyotes de Phoenix débarquer à Québec cet été. Au Canada, Winnipeg aurait une longueur d'avance. Un amphithéâtre flambant neuf est déjà construit là-bas.
Pour l'heure, le groupe Bédard a vendu jusqu'à maintenant 54 droits sur des loges corporatives. L'objectif d'en vendre 70 pourrait être atteint d'ici la fin juin. Après, le groupe va s'attaquer à la vente de sièges à l'unité. Il en a vendu 1400 jusqu'à présent. Il espère se rendre à 5000. Et là, tout sera possible : déménagement, transfert après achat, etc.
Il y a donc plusieurs franchises en péril et c'est là que cela devient intéressant pour Québec. D'autant plus que le plafond salarial annuel, actuellement de 57,6 millions $US par équipe, devrait être revu à la baisse l'an prochain, autour de 45 millions $US.
Québec se situe d'ailleurs dans les 30 meilleurs marchés de hockey en Amérique du Nord.
Une étude menée par l'économiste québécois Pierre-Émmanuel Paradis l'an dernier démontre que la capitale se situe au 30e rang des villes nord-américaines pouvant accueillir et soutenirune équipe de la LNH. Or, la ligue compte justement... 30 équipes.












