Industrie forestière: Ottawa met finalement l'épaule à la roue

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Industrie forestière: Ottawa met finalement l\'épaule à la roue

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Le ministre Béchard a souligné que cette contribution bipartite permettra de sauver 8000 emplois dans toutes les régions forestières du Québec, tout en respectant l'entente sur le bois-d'oeuvre et les compétences des deux paliers de gouvernement.

Archives La Presse Canadienne

 

Bernard Barbeau
La Presse Canadienne
Montréal

Après avoir subi pendant des mois presque sans broncher une véritable symphonie de critiques, Ottawa met finalement l'épaule à la roue de l'industrie forestière québécoise en allongeant la moitié de l'enveloppe de 200 millions $ annoncée vendredi en appui aux travaux sylvicoles. Le reste vient de Québec.

Le ministre d'État responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Denis Lebel, et le ministre québécois des Ressources naturelles, Claude Béchard, ont tenu pour l'occasion une conférence de presse conjointe au Jardin botanique de Montréal.

Les deux hommes ont aussi précisé que d'autres annonces suivraient avant la fin juin. «Aujourd'hui, ce n'est pas une fin, a dit M. Lebel. C'est la continuité et même un départ.»

Le ministre Béchard a noté qu'il s'agit d'«argent neuf», qui permettra dès cet été de préserver quelque 8000 emplois dans toutes les régions forestières de la province, tout en respectant les juridictions des deux paliers de gouvernement et l'entente Canada-États-Unis sur le bois-d'oeuvre.

«Ce sont des gens qui, depuis quelques semaines, étaient extrêmement inquiets, a souligné M. Béchard. Les travaux sylvicoles vont commencer dans les prochains jours, les prochaines semaines. Ce qu'on envoie comme signal, c'est qu'il y aura du travail, ne vous inquiétez pas.

«Si on allait plus loin, on serait en manque de débroussailleuses, au Québec, a-t-il même lancé. Parce qu'on est au maximum de ce qu'on peut faire.»

Modalités

Les travaux du comité mixte fédéral-provincial formé il y a moins d'un mois pour secourir l'industrie forestière ont permis aux deux gouvernements de s'entendre sur les modalités de programmes de travaux sylvicoles couvrant les deux prochaines années.

Ceux-ci permettront de réaliser des travaux de reboisement sur des superficies mal régénérées dans les régions du nord, de réhabilitation de la forêt feuillue et mixte, de sylviculture intensive, d'amélioration des chemins d'accès, ainsi que de production de plants à pépinière.

«On vient ajouter à ces programmes-là, a insisté M. Béchard. On ne relance pas une nouvelle série d'analyses. Les programmes qu'on avait au niveau de la sylviculture, on vient les bonifier avec ces sommes-là.»

Invité à expliquer pourquoi le gouvernement Harper a mis autant de temps à «allumer», un terme que M. Béchard a lui-même utilisé, M. Lebel a assuré que l'industrie forestière québécoise bénéficie depuis longtemps des programmes fédéraux.

«En 2008, Exportation et développement Canada a avancé 9 milliards $ à l'industrie forestière au Québec, a-t-il donné en exemple. Est-ce qu'on peut dire qu'on n'était pas au travail? Non. (...) Le passé, c'est une chose. Aujourd'hui, on vous dit que nous travaillons encore mieux ensemble qu'auparavant.»

Une réception glaciale

Au moment même où les deux ministres annonçaient leurs mesures, celles-ci étaient déjà dénigrées, à Ottawa, le bloquiste Pierre Paquette déplorant qu'on ne se soit pour l'instant entendu que sur les seules activités sylvicoles.

«L'ensemble de l'industrie forestière: absolument rien; les garanties de prêts: il n'y a rien; l'assurance-emploi: il n'y a rien; les crédits d'impôt remboursables pour la recherche et le développement: c'est rien, a vivement dénoncé M. Paquette à la Chambre des communes. Quand on regarde l'aide que l'Ontario a avec le secteur de l'automobile, l'annonce qui est faite est une injure, une insulte au Québec!»

«On parle vraiment d'une 'peanut'», a-t-il ajouté lors d'un point de presse.

«Ce n'est pas assez», a également acquiescé le libéral Denis Coderre. Il y a une réalité de terrain, a-t-il dit. Et si on ne fait rien, s'il n'y a pas de garanties de prêt, je ne sais pas ce qui va nous rester au bout de la ligne.»

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