«Nous avons vérifié dans l'espace public et nous avons constaté que plusieurs semaines avant son départ, M. Rousseau a fait une conférence devant l'Association des gestionnaires de risques et d'assurance du Québec, où il parle de l'effet "Black Swan"», explique Luc Vallerand, directeur général de l'AQRP. C'était le 10 avril 2008, plusieurs semaines avant la crise du papier commercial adossé à des actifs (PCAA). Le «Black Swan» dont a parlé Henri-Paul Rousseau est un événement extrême et imprévisible, très rare dans le temps, et aux effets économiques très importants, précise Luc Vallerand.
Ce qui trouble l'AQRP, c'est l'utilisation de cette même notion, traduite en français par «tempête parfaite», lors des explications d'Henri-Paul Rousseau devant la Chambre de commerce de Montréal, le 9 mars dernier. «C'est le fameux "Black Swan"dont M. Rousseau a fait état devant la Chambre de commerce au mois de mars. Il a fait référence au même concept de "tempête parfaite", explique Luc Vallerand. Nous, on se demande : est-ce que M. Rousseau savait ce qui s'en venait? Et est-ce que c'est ce qui a précipité son départ? On aimerait que ces questions-là soient posées demain [aujourd'hui].»
Sur les pertes de 40 milliards enregistrées par la Caisse, près de 20 milliards touchent directement les fonds de pension des régimes de retraite des secteurs public et parapublic, rappelle le directeur général de l'association de retraités. L'AQRP réclame une commission d'enquête publique. «Jusqu'à présent, on n'a pas l'impression que la commission parlementaire va vraiment au fond des choses», justifie M. Vallerand.
François Legault, porte-parole péquiste en matière de finances, s'est dit prêt, lundi, pour le témoignage de l'ancien président de la Caisse. «Le premier objectif qu'on vise, c'est essayer de savoir pourquoi la Caisse de dépôt a perdu 40 milliards, mais surtout pourquoi elle a perdu plus que les autres caisses de retraite», explique-t-il.
Le député péquiste se questionne sur la gestion des risques sous le règne d'Henri-Paul Rousseau. Il estime que les six heures accordées pour le témoignage ne seront pas de trop. «C'est la première fois que j'ai la chance de poser des questions à M. Rousseau, j'espère bien qu'on va être capable d'avoir des réponses pour les Québécois», a-t-il mentionné.
Sous le règne d'Henri-Paul Rousseau, la Caisse de dépôt a enregistré des rendements très importants, mais c'est aussi lors de sa présidence que beaucoup d'argent a été investi dans le papier commercial adossé à des actifs (PCAA). Ces investissements sont maintenant montrés du doigt dans l'effondrement du rendement de la Caisse. Henri-Paul Rousseau a quitté la présidence de la Caisse en mai 2008.















