Ces derniers mois, la Caisse a fait le plein de titres de BCE. Au 31 décembre dernier, la Caisse détenait 7,4 millions d'actions de BCE comparativement à 5,15 millions quatre mois plus tôt (30 septembre). La Caisse est maintenant l'un des plus importants détenteurs de titres de BCE.
Teachers liquide
Il faut dire que Teachers, le fonds de pension des enseignants de l'Ontario, ne détient presque plus d'actions de BCE. La semaine dernière, Teachers a liquidé près de 31 millions d'actions de BCE en une seule journée.
Depuis que le projet d'acheter BCE est tombé à l'eau en décembre dernier, Teachers ne semble plus avoir d'intérêt à détenir ce titre dans son portefeuille. Au 31 décembre 2008, Teachers détenait 50,8 millions d'actions de BCE.
Il faut dire qu'un important fossé juridique sépare maintenant BCE à Teachers. La direction de BCE poursuit Teachers pour des frais de rupture liés à l'échec du projet de privatisation de 52 milliards $. BCE réclame notamment des compensations d'un milliard de dollars au fonds de pension des enseignants ontariens.
Sans commentaires
Hier, personne à la Caisse n'a voulu commenter les récentes transactions sur le titre de BCE. «On ne discute pas publiquement de la gestion active de nos portefeuilles de placements», a fait savoir le porte-parole Maxime Chagnon.
BCE n'est toutefois étrangère à la nouvelle direction de la Caisse. Le nouveau patron Michael Sabia a dirigé les destinées de BCE pendant six ans avant de démissionner en juillet dernier pour laisser la place à George Cope, alors favorisé par Teachers.
Surtout, Michael Sabia connaît BCE comme le fond de sa poche. Il connaît les forces et les faiblesses du conglomérat. Il sait surtout que BCE est une boîte à imprimer de l'argent détenant un potentiel de synergies grandiose.
Dividende réintroduit
Depuis janvier, BCE a d'ailleurs réintroduit son dividende annuel de 1,46 $ à ses détenteurs de titres. Un programme de rachat de 40 millions d'actions est également au menu.
Plusieurs analystes sont d'avis qu'un projet de fusion BCE-TELUS ne serait d'ailleurs pas une si mauvaise affaire à plus long terme. Chez Valeurs mobilières Desjardins (VMD), l'analyste Joseph MacKay croit toujours possible une éventuelle fusion avec son compétiteur TELUS.
Selon ce dernier, bien qu'un tel scénario ne soit pas dans le radar de BCE en ce moment, la fusion des deux entreprises ferait miroiter des synergies potentielles de plus d'un milliard de dollars. De quoi redonner de la valeur aux actions de BCE.
Bureau de la concurrence
Mais avant de voir un tel projet aller de l'avant, l'analyste de VMD rappelle que le Bureau de concurrence devra s'en mêler. Une fusion BCE-TELUS donnerait par exemple à la nouvelle entreprise une part de marché de 62 % dans la téléphonie sans-fil. La nouvelle entreprise se heurterait évidemment à des barrières réglementaires.
Chemin faisant, un tel scénario ferait bondir le prix des actions de BCE de façon significative. Ce qui nous amène au prix du titre de BCE, qui serait actuellement sous-évalué. Il faut savoir que l'entreprise compte beaucoup d'argent comptant dans ses coffres et que sa dette n'est pas monstrueuse.
Une bonne valeur
Dans ce contexte, l'analyste Joseph MacKay estime que le titre de BCE a une très bonne valeur fondamentale. L'entreprise continue de réduire ses coûts de service tout démontrant une volonté de gagner des parts de marché dans la téléphonie sans fil (achat de Virgin Mobile et des magasins La Source).
L'analyste de VMD note également que BCE vient de conclure une entente avec TELUS pour vendre ses services de télévision par satellite en Alberta et en Colombie-Britannique.
D'ici un an, l'analyste Joseph MacKay fixe ainsi un prix cible de 28 $ sur le titre. Hier, l'action de BCE a terminé la journée à 24,92 $, en hausse de 35 ¢.










