Croissance économique et finances au Québec: vers un choc démographique brutal

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Croissance économique et finances au Québec: vers un choc démographique brutal

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François Dupuis, économiste en chef du mouvement Desjardins

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Au sortir de la récession, le Québec subira un autre choc économique  majeur dû au vieillissement de sa population. Celui-ci affectera non seulement le marché du travail, mais ralentira la croissance de l'économie et frappera durement les finances publiques.

C'est la conclusion à laquelle arrivent l'économiste en chef du mouvement Desjardins, François Dupuis, et ses collègues Hélène Bégin et Hendrix Vachon qui ont publié hier une étude montrant que l'évolution de la démographie oriente le Québec vers un «cul-de-sac».

Les auteurs parlent de deux ondes de choc simultanées, soit celle du vieillissement du bassin de main-d'oeuvre qui s'accélérera et, dans quelques années, celle d'une baisse de la population active.

La population du Québec vieillit plus rapidement que celle de l'Ontario et de l'ensemble du Canada.

La recrudescence de la natalité observée ces dernières années prendra une quinzaine d'années à faire sentir ses effets sur la population en âge de travailler.

Une accélération de l'immigration ou une participation accrue au marché du travail pourraient au mieux reporter de quelques années ce déclin jugé inévitable de la population active.

Dans le meilleur des cas, selon un scénario de forte augmentation de la productivité, la croissance de l'économie du Québec sera inférieure à 1,5 % d'ici à une dizaine d'années, comparativement à environ 2 % actuellement.

Si la productivité devait continuer de s'améliorer seulement à son rythme actuel, la croissance de l'économie pourrait fléchir à 0,8 %.

Pour les trois économistes, «cette baisse de régime ressemble étrangement à celle du Japon, dont le potentiel évolue entre 0,5  et 1,5 % depuis 15 ans», après avoir été supérieure à 3 % dans les années 80.

Les entreprises devront donc se plier à un effort d'adaptation colossal. Le choc sera brutal surtout pour les finances publiques. Avec une hausse prévisible des coûts de santé et des dépenses en éducation, le gouvernement risque de se retrouver budgétairement  coincé et  le résultat sera lourd de conséquences pour les acquis sociaux des Québécois.

Une vague de réformes encore plus douloureuses que celles des années 90 «sera donc incontournable». Entre-temps, le Québec aurait avantage, soutient M. Dupuis, à analyser les réformes mises de l'avant ces dernières années dans certains pays européens qui ont, par exemple, augmenté progressivement l'âge du départ à la retraite, revu en profondeur le régime de pension publique et réduit la taille de l'État en faisant davantage de place au privé.

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