Changement de garde à La Capitale

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Changement de garde à La Capitale

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René Rouleau et Jean-Yves Dupéré, devant l'emplacement de l'agrandissement du siège social de La Capitale.

Le Soleil, Yan Doublet

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) La Capitale, mutuelle de l'administration publique a pratiquement doublé de taille depuis 2002 et maintient le cap sur une «croissance contrôlée» pour les prochaines années.

Au tournant de 2009, Jean-Yves Dupéré, président du conseil et chef de la direction de la société depuis six ans, a passé le flambeau à son successeur René Rouleau.

Cette semaine, les deux hommes qui partagent le même credo, celui de la mutualité, ont accordé une interview commune au Soleil, pour faire le point sur les orientations du groupe financier.

Dans le rétroviseur, M. Dupéré observe que le chemin parcouru ne serait pas ce qu'il a été sans le caractère distinctif d'une société d'assurances, qui appartient à ses clients.

Et en 2003, alors que le débat sur la démutualisation des assureurs s'est étendu à tout le Québec, La Capitale a fermement pris le parti de demeurer la propriété des employés de l'État.

Sept acquisitions, dont deux en Ontario, ont ensuite fait passer l'effectif de 1350 employés en 2002 à près de 2500 maintenant et l'avoir des membres de 178 à 500 millions $.

L'actif de la compagnie a doublé à 3 milliards $ tout comme son chiffre d'affaires à 1,2 milliard $ et le nombre de clients, à un million.

Mais, pour survivre, précise M. Rouleau qui participait déjà au conseil d'administration depuis 2004, il a fallu offrir des produits financiers au grand public au lieu de les réserver aux seuls membres des administrations publiques et parapubliques qui restent cependant les seuls clients à obtenir le statut de mutualiste.

Mais le nombre de ceux-ci a progressé de 110 000 d'un coup en 2005 quand le conseil a trouvé un moyen pour étendre le droit de vote à tous les détenteurs de polices d'assurance de dommages participant à une administration publique.

La décision de consacrer 80 millions $ à la construction de son siège social  «vert» sur la colline parlementaire est aussi une façon d'affirmer la volonté de La Capitale de rester proche de sa vocation première.

Il y a trois ans, la société a lancé au coût de 3 millions $ une campagne publicitaire de valorisation de la fonction publique, et René Rouleau regrette que le gouvernement n'ait pas pris le relais  pour faire apprécier les services de ses employés.

Le dernier message promotionnel donnant la parole à des employés pour vanter leur compagnie sert surtout à faciliter le recrutement de nouveaux employés, précise M. Dupéré.

Cette semaine, comme chaque fois que l'occasion se présente, le président  prenait le temps d'un petit-déjeuner avec un groupe de 16 nouveaux venus pour les inciter non seulement à développer l'entreprise, mais aussi à promouvoir auprès de leurs proches et de leurs amis les possibilités de carrière dans leur nouveau milieu de travail.

Sur l'horizon 2010-2015, M. Rouleau voit la société travailler à consolidation. Sans être agressive, elle demeure positionnée pour des occasions d'affaires. Surtout que son arrivée à Mississauga l'a fait apparaître sur l'écran radar de gens qui font circuler des propositions ailleurs au Canada, par exemple dans les Maritimes.

En matière d'assurance de dommages, le marché du Québec est considéré comme «mature» et c'est pourquoi La Capitale s'est «étiré le cou» en Ontario, explique M. Rouleau.

Mais la croissance peut aussi passer par l'acquisition de cabinets de courtage, comme récemment à Sept-Îles.

Pour René Rouleau, une «croissance contrôlée» peut se chiffrer dans les 10 % par année.

Dans une organisation de taille moyenne comme la sienne, souligne le président, les bonnes idées arrivent rapidement au sommet de la hiérarchie.

Pour en donner un exemple, M. Rouleau indique que, pour rejoindre les jeunes familles, le conseil d'administration vient d'approuver une initiative originale. Une police d'assurance sera offerte sur la vie de tous les nouveaux-nés issus de membres des services publics, et cela sans frais jusqu'à l'âge de cinq ans.

Une façon d'aborder à faible coût un segment de la population aux prises à des contraintes budgétaires et avec un emploi du temps très chargé.

Dans le discours de Jean-Yves Dupéré et de René Rouleau, le mot famille revient d'ailleurs de façon répétitive, qu'il s'agisse de la façon de traiter les questions de ressources humaines ou les besoins des clients, qui sont aussi les propriétaires de l'institution.

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