Le plus sombre est déjà escompté par les marchés boursiers, selon André D'Amours de la Financière Banque Nationale. Après la remontée de la capitalisation des grandes banques américaines, il se demande bien d'où pourrait venir un autre vent de pessimisme.
Carl Bouchard, de RBC Dominion valeurs mobilières, retient que la faillite de GM ne serait d'ailleurs que la quatrième en importance dans l'histoire récente des États-Unis.
Ce qui inquiète davantage Steve Buisson, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, c'est si, à côté de GM, on découvrait quelques mauvaises statistiques économiques. Surtout que, après le défilé des banques canadiennes cette semaine, on ne peut plus vraiment attendre d'autres importants résultats trimestriels favorables, pour faire contrepoids à d'éventuelles données négatives. D'où, prévient-il, le risque de repli.
Mais M. Buisson fait remarquer que les bénéfices rapportés par les sociétés canadiennes au cours du trimestre ont, en moyenne, baissé de 11,8 %, ce qui n'est pas si mauvais en période de récession.
M. Bouchard qualifie de «bulletin fort enviable» l'ensemble des résultats des banques canadiennes qui ont dominé la semaine à Toronto. Ses collègues constatent qu'elles ont toutes dépassé les attentes des analystes.
Elles ont aussi maintenu leur dividende au même niveau, mais il ne faut pas s'attendre, dit M. D'Amours, à ce qu'elles le haussent de nouveau au cours des prochains trimestres.
Le sous-indice sectoriel des services financiers a progressé d'environ 5 % en semaine, de la même façon que l'indice composite de la Bourse canadienne surtout porté par les secteurs de l'énergie et des produits de base, depuis le début de l'année.
L'ascension du huard a cependant effacé plus que le rendement des investisseurs canadiens sur le marché américain.
Là, signale M. Bouchard, les mouvements quotidiens de l'indice Dow Jones des grandes valeurs industrielles se sont inversés sur 11 séances consécutives, entre le 4 et le 19 mai. Cette série d'alternances quotidiennes marquant une forte indécision à Wall Street a été la plus longue depuis 1999. Mais ce manque d'orientation s'est estompé cette semaine.
M. D'amours fait d'ailleurs remarquer que les statistiques économiques évoluent de façon très différente chez nos voisins du sud et ailleurs dans le monde.
Les ménages américains ne sont pas sortis du bois, dit-il, un propriétaire de maison sur huit étant en retard de paiement de son hypothèque ou faisant face à une menace de reprise de sa résidence.
M. Buisson insiste pour sa part sur la progression plus forte que prévu aux États-Unis des commandes de biens durables qui peuvent suggérer une stabilisation de l'économie.
M. D'amours ajoute que l'indice du transport par cargo dénote un niveau d'activité en hausse dans le monde et que les Chinois importent du pétrole et du cuivre à un rythme accéléré.
Mais, malgré les signes d'amélioration de certains indices précurseurs, la demande mondiale pour les matières premières pourrait demeurer faible pour encore deux ou trois ans, à cause d'une remontée lente de l'économie mondiale, selon un analyste cité par M. Bouchard.
La remontée de la confiance des consommateurs américains est une bonne nouvelle, observe-t-il, notant la plus forte progression mensuelle depuis avril 2003.
Au Canada, la même donnée a connu un gain historique et a atteint, à 88 points, son plus haut niveau depuis un an, souligne André D'Amours.
Parmi les statistiques à surveiller la semaine prochaine, Carl Bouchard retient celles de l'emploi et du chômage, de part et d'autre de la frontière, vendredi, et lundi aux États-Unis, l'indice manufacturier de l'Institute for Supply Management, très suivi par les investisseurs.
Sur quelques titres canadiens, Steve Buisson souligne d'abord que les résultats de Garda (bénéfice en baisse de 45 % sur des revenus en hausse de 5 %) indiquent que la société est en train de digérer ses récentes acquisitions.
Les fortes fluctuations du titre d'Uranium One, liées aux démêlés entourant l'acquisition récente d'une mine au Kazakhstan, rappellent à M. Bouchard la nécessité d'examiner les risques géopolitiques des sociétés de ressources naturelles, même si elles sont basées au Canada.
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