Buy American: les entrepreneurs canadiens sentent la soupe chaude

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<i>Buy American</i>: les entrepreneurs canadiens sentent la soupe chaude

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Selon Jean-Michel Laurin, des Manufacturiers et Exportateurs du Canada, les entreprises d'ici doivent encourager leurs fournisseurs américains à faire pression auprès du Congrès et de la Maison-Blanche pour mettre au rancart les mesures protectionnistes contenues dans le plan de relance de Barack Obama.

Le Soleil, Patrice Laroche

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Les mesures protectionnistes contenues dans le plan de relance de 787 milliards $US du président Barack Obama attaquent de plein fouet les entreprises exportatrices canadien­nes. Dans la région de la Chaudière-Appalaches, une «bon­ne demi-douzaine»?d'entreprises pourraient être tentées d'aller s'établir au sud de la frontière pour?continuer?de?vendre leurs produits à leurs clients américains.

Pour le directeur général de l'organisme Développement PME Chaudière-Appalaches, Michel Gilbert, les mesures Buy American accompagnant l'American Recovery and Reinvestment Act et d'autres projets législatifs auront des «impacts majeurs» sur les sociétés exportatrices.

Depuis déjà quelques semaines, Développement PME sonde ses membres sur les effets de la clause Buy American insérée dans la plupart des contrats octroyés par les États et les municipalités. Selon M. Gilbert, une dizaine d'entreprises ont déjà indiqué que les mesures protectionnistes avaient déjà commencé à leur faire mal.

«Je connais une entreprise de la région qui fabrique des composantes pour Bombardier, qui construit, à partir de son usine de Plattsburgh, des véhicules pour le métro de New York. Elle vient de se faire dire que Bombardier ne pourra plus acheter ses pièces à moins qu'elle ne déménage aux États-Unis, expose M. Gilbert.

«Des histoires comme celle-là se multiplient et sèment l'inquiétude parmi nos entreprises exportatrices.»

Le directeur général de Développement PME dit vrai. En effet, près d'une centaine d'industriels avaient répondu, lundi, à l'invitation des Manufacturiers et Exportateurs du Canada, qui ont fait un arrêt à Lévis pour rendre compte des derniers développements dans ce nouveau contentieux entre les deux pays voisins. Réunir près de 100 dirigeants d'entreprise un lundi après-midi en plein coeur du mois de juillet, ce n'est pas rien et c'est surtout le signe que les entrepreneurs sentent la soupe chaude.

Bataille sur plusieurs fronts

Depuis déjà quelques semaines, l'organisme qui représente les manufacturiers et exportateurs mène une bataille sur plusieurs fronts pour atténuer les effets des mesures protectionnistes qui empêchent les entreprises canadiennes de décrocher des contrats octroyés par les États et les villes à partir des sommes obtenues à partir de l'American Recovery and Reinvestment Act.

«À court terme, nous voulons forcer la main du président Obama afin qu'il émette un décret exécutif pour exclure l'application des dispositions Buy American des transferts aux États et aux municipalités», a expliqué Jean-Michel Laurin, vice-président aux affaires mondiales des Manufacturiers et Exportateurs, en ajoutant que le mouvement gagnait des partisans aux États-Unis. «Ils sont plusieurs, de l'autre côté de la frontière, à se rendre compte que nos économies sont intégrées.»

À moyen terme, l'objectif est de conclure un nouvel accord sur les marchés publics incluant les provinces et les États américains. Réunis sous le chapeau du Conseil de la fédération, les premiers ministres des provinces ont récemment donné leur accord à une telle démarche.

Pour Michel Gilbert, il est inconcevable que les provinces ferment leurs portes à la concurrence étrangère alors que 37 États américains ont, pour leur part, déjà signé l'Accord sur les marchés publics de l'Organisation mondiale du commerce.

«Pourquoi les États américains accepteraient-ils de nous ouvrir les portes de leur marché public alors que les nôtres sont fermées à double tour? C'est de se leurrer de penser que l'on va obtenir quelque chose des Américains si nous refusons, de notre côté, de leur donner la réciproque.»

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