Le taux annuel dévoilé vendredi par Statistique Canada est en effet de - 0,3 %, alors qu'il avait été de 0,1 % en mai.
Au Québec, l'inflation sur un an a été de 0,2 % en juin, contre 0,1 % en mai.
Mais le phénomène de baisse à l'échelle canadienne est surtout attribué au fait que, l'an dernier à pareille date, l'essence et les produits énergétiques se vendaient beaucoup plus cher.
L'agence fédérale estime à 24,3 % le recul du prix de l'essence sur 12 mois (101,6 ¢ le litre de sans plomb ordinaire en moyenne en juin 2009, comparativement à 135,1 ¢ un an plus tôt).
Le coût des combustibles est aussi tenu responsable de la baisse de la composante «logement» de l'IPC, avec l'aide du fléchissement des taux d'intérêt hypothécaires.
Cela va jusqu'à rendre le calcul d'ensemble «hors de propos» selon une analyse du Groupe stratégique de la Financière Banque Nationale, qui prévoit un renversement au cours des prochains trimestres.
Facteurs de hausse
D'ailleurs, hors énergie, l'IPC a augmenté de 2,1 % en juin.
Bien qu'en croissance moins forte qu'en avril et mai, les aliments sont encore le premier facteur de hausse, puisqu'ils ont augmenté de 5,5 % par rapport à juin 2008. La santé et les soins personnels occupent la seconde place.
Même avec une inflation sous zéro, «il est sans doute abusif de prétendre que l'économie canadienne est véritablement en déflation», soutient Hendrix Vachon, économiste au Mouvement Desjardins.
Son collègue Sébastien Lavoie de la Banque Laurentienne abonde dans le même sens, invoquant que l'IPC sans ses huit éléments les plus volatils, qui sert de mesure à la Banque du Canada (BdC) pour établir sa politique de taux d'intérêts, est resté, lui, à 1,9 %, soit très près de la cible de 2 %.
La BdC, qui réunit son comité sur la politique monétaire la semaine prochaine, devra maintenir pour plusieurs trimestres encore son assouplissement actuel, dit M. Vachon, bien qu'il juge peu probable qu'elle ajoute d'autres mesures de stimulation de l'économie.
Elle pourrait toutefois réviser ses prévisions sur la croissance économique et d'inflation.
Les stratèges de la Banque Nationale estiment quant à eux que la BdC pourrait devoir revoir son engagement à maintenir son taux d'intérêt directeur à 0,25 % jusqu'en juin 2010.
Selon M. Lavoie, il serait cependant prématuré pour la banque centrale de s'éloigner de cette position dès son prochain rapport sur la politique monétaire, jeudi.











