Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme (CCRHT), l'Institut canadien de recherche sur le tourisme et le Conference Board du Canada ont travaillé de concert afin de mesurer l'effet des tendances démographiques à long terme sur le secteur du tourisme au Canada.
S'il y a une consolation, c'est que le portrait présenté cette année est moins sombre que celui brossé l'an dernier par le même organisme.
Le Conference Board parlait alors d'une pénurie anticipée de 350 000 emplois pour 2025. Cette année, les chiffres ne sont pas aussi alarmistes, même si on parle quand même d'une pénurie de 256 000 postes, toujours pour l'horizon 2025.
La demande d'emplois, qui était de 1,71 million de postes au Canada en 2006, augmentera de 29 %, jusqu'à 2,21 millions de postes en 2025, indique l'étude. L'offre devrait alors être de 11 % inférieure à la demande de main-d'oeuvre. Au Canada, c'est le secteur de la restauration qui souffrira le plus de cette pénurie. On prévoit qu'il manquera 170 000 personnes pour combler les besoins de l'industrie de la restauration au pays en 2025, dont 35 000 au Québec.
«C'est clairement un des principaux défis de l'industrie pour les années à venir», estime François Meunier, vice-président affaires publiques et gouvernementales à l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ). «Ce n'est pas pour rien qu'on a formé un comité de travail dans la région de Québec pour se pencher exclusivement sur ce problème.»
Différences en province
«La situation de Québec est très différente de celle de Montréal, ajoute-t-il. Je ne serais pas surpris que les ventes soient en croissance à Québec alors qu'à Montréal, on a connu le pire mois de juin en 10 ans, à cause de l'absence du Grand Prix, notamment.»
Le ralentissement économique a durement touché le marché de la restauration en dehors de la région de la capitale et l'industrie a perdu 27 000 emplois depuis un an, surtout à Montréal, précise M. Meunier.
Daniel Gagnon, directeur des communications à l'Office du tourisme de Québec, fait le même constat. «Depuis quelques années, ça devient de plus en plus difficile de combler les emplois en tourisme. Même pour nos kiosques d'information. L'immigration comble une partie de la demande, dans l'hôtellerie, la buanderie, la restauration, mais ça ne suffit pas. C'est encore plus difficile en dehors des centres urbains, comme dans la région de Beaupré par exemple.»
Les étudiants comblent une large partie de la demande saisonnière, observe-t-il, mais les cégépiens retournent en classe trop tôt, le 20 août, et les salaires offerts en tourisme sont souvent inférieurs à ceux offerts dans d'autres secteurs.
Le problème n'est pas exclusif au Canada, souligne par ailleurs François Meunier, tous les pays développés font face au même problème.
«Présentement, en France, on compte 50 000 postes de cuisiniers qui ne sont pas pourvus. C'est un problème propre aux sociétés industrialisées et vieillissantes.»










