La réunion a eu lieu cinq jours après qu'AbitibiBowater eut décrété des fermetures pour une période indéterminée à cinq de ses installations, dont l'usine qu'elle possède à Beaupré. Les deux parties se sont montrées avares de précisions.
Un tête-à-tête particulier s'est étiré tard dans la soirée pour qu'on discute spécifiquement du dossier de Beaupré. Il n'a pas été davantage possible d'obtenir de détails pour un complexe qui a eu la vocation d'expérimenter la fabrication de nouveaux produits du papier.
Le SCEP a fait savoir que «la rencontre constructive» a permis de soulever «diverses hypothèses». Les échanges n'ont pas porté uniquement sur les difficultés d'AbitibiBowater. «L'objectif est de sauver un maximum d'emplois», s'est réjoui une source.
Les trois ministres, Nathalie Normandeau (Ressources naturelles), Sam Hamad (Emploi) et Clément Gignac (Développement économique), ont affiché la même satisfaction et la même discrétion. Ces derniers devraient s'entretenir, demain, avec leur homologue fédéral, Denis Lebel, responsable pour le Québec de l'Agence de développement économique du Canada.
Le ministre Gignac doit se réunir de nouveau avec les leaders syndicaux, aujourd'hui même. «La rencontre [d'hier soir] a été très satisfaisante, a mentionné une source dans son entourage. L'exercice a été de se mettre à la recherche de solutions.»
De son côté, le critique du Parti québécois en matière de forêts se désole du comportement du gouvernement Charest. «Je ne dis pas qu'il ne fait rien, commente Denis Trottier. Il en fait trop peu! Ce gouvernement ne croit pas à l'industrie forestière.»
Pour le député de Roberval à l'Assemblée nationale, il est temps d'innover. «Le gouvernement pourrait décider, par exemple, d'enlever temporairement toute taxe sur de nouveaux produits dérivés du bois.
«Ce sont des choses que je suggère comme député et que le Parti québécois pourrait endosser, poursuit-il. Le PQ est favorable à des mesures exceptionnelles. [La chef péquiste] Pauline Marois a déjà dit qu'à situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles.»
Pour le député Trottier, les deux paliers de gouvernement ne sont pas à la hauteur. À Ottawa comme à Québec, «personne n'a pensé à offrir des incitatifs pour prioriser le bois», déplore-t-il.
Il pose un jugement sévère sur ce qui a été tenté pour aider l'industrie en crise. Pour avoir droit au programme Renfort, avance Denis Trottier, «il fallait être profitable, ces deux dernières années. C'est difficile en période de crise. De plus, lorsque tu fais des profits, tu n'as pas besoin d'aide».
Hier, un autre critique du PQ a relancé les attaques contre le gouvernement Charest. Selon Alexandre Cloutier, le ministre Clément Gignac (Développement économique) a induit en erreur les travailleurs forestiers en déclarant qu'il a plaidé leur cause auprès d'Ottawa.
«Le ministre fédéral Denis Lebel soutient n'avoir reçu aucune demande spécifique de la part du ministre Gignac», a lancé le député péquiste responsable du dossier des Affaires intergouvernementales. «Comment le Québec peut-il obtenir quelque chose du fédéral s'il n'a rien demandé?»











