Mercredi, en commission parlementaire, le critique péquiste Nicolas Marceau a mis en lumière une donnée du dernier rapport annuel d'Hydro.
La page 97 du document, a fait valoir le nouveau député de Rousseau, révèle que la valeur des actifs de la société, en 2008, a fondu de tout près de 2,5 milliards $.
Selon les calculs du PQ, il s'agit d'un recul de 23 %. «C'est colossal», a insisté en soirée un des conseillers au Parti québécois.
«Très peu de gens savent qu'Hydro-Québec gère lui-même son fonds de retraite» plutôt que cette tâche soit confiée à la Caisse de dépôt et placement.
La perte se compare quand même à celle encaissée par la Caisse de dépôt (25 %), embourbée dans l'affaire des papiers commerciaux adossés à des actifs, les PCAA.
Le Parti québécois est convaincu que cette chute pourrait servir à justifier une demande de hausse des tarifs d'électricité ou une baisse importante des dividendes au gouvernement.
Le Soleil n'a pu contacter Hydro-Québec pour obtenir des commentaires.
Électrification des véhicules
Le PQ a profité de la comparution à l'Assemblée nationale pour critiquer le plan stratégique d'Hydro en matière d'électrification des véhicules.
Le député Stéphane Bergeron a déploré un manque de précisions dans les informations. Hydro annonce qu'il a conclu une entente avec le grand fabricant indien Tata, «mais on ne sait jamais les résultats», a-t-il donné comme exemple. «Hydro fournira-t-il uniquement le moteur ou la technologie?»
En entrevue, M. Bergeron a reproché à la haute direction d'Hydro d'être floue et de manquer d'envergure. «Quand je pose des questions sur les projets et les objectifs, sur les ressources humaines et financières, je n'ai pas de réponse, a lancé le député de Verchères. Hydro a développé le moteur-roue. Au moment où il est prêt, nous cessons les efforts!»
Rien n'est plus faux, a rétorqué le pdg de la société, Thierry Vandal. «Le moteur-roue existe toujours, il est dans le catalogue de TM-4», une compagnie issue de l'institut de recherche d'Hydro.
Selon les porte-parole de la société d'État, il est tout simplement trop tôt pour préciser certains aspects des dossiers.
Ainsi, pour l'électrification des transports en commun, les premières études de faisabilité ne seront connues que cet hiver, a plaidé devant les élus Pierre-Luc Desgagnés, patron de la Planification stratégique et des relations gouvernementales d'Hydro.
Il est revenu à la charge pour affirmer que les efforts sont sur le point d'aboutir dans plusieurs dossiers. Tata, constructeur établi en Inde, est de ces affaires prometteuses. La compagnie a acheté un petit fabricant en Norvège et installera dans 125 automobiles un moteur mis au point par Hydro-Québec.
Si l'expérience est réussie, cela pourrait se traduire par une percée majeure en Europe, espère Hydro. Thierry Vandal s'est aussi montré avare de précisions. Le pdg est revenu sur la mise au point d'un matériau pour fabriquer des batteries destinées à la propulsion de voitures électriques. Il a signalé que la société d'État touchera des redevances équivalant à 10 % du prix de vente. Combien Hydro doit-elle espérer toucher? «Nous sommes prudents», s'est contenté de sourire M. Vandal.











