Si, ces derniers jours, les nouvelles économiques ont été plutôt bonnes, Carl Bouchard de RBC Dominion Valeurs mobilières observe qu'elles ont été reçues par les marchés avec un optimisme prudent.
Ce comportement rationnel lui fait croire que les investisseurs interprètent mieux les informations après la récente vague de pessimisme excessif. On semble y voir une consolidation du scénario de reprise lente de l'économie.
André D'Amours de la Financière Banque Nationale remarque pour sa part que la prévision de rendement de la Caisse de dépôt et placement du Québec, inférieur à celui de ses pairs, illustre le coût d'une faible participation au marché des actions en période de rebond. Toutefois, dit-il, l'institution n'avait pas eu le choix de vendre ses actifs les plus liquides pour respecter d'autres engagements.
Mais la déception de la semaine, selon lui, est venue hier de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan. Attendu à 71 points pour novembre après avoir atteint 70,5 le mois précédent, il a reculé à 66 points, hier.
Par contre, les deux experts voient très positivement les nouvelles en provenance d'Orient. Surtout parce que les autorités chinoises démontrent une plus grande ouverture envers une devise flottante.
Les Chinois augmentent leurs importations et un yuan plus près de sa valeur réelle en réduirait les coûts, mais l'objectif est surtout, selon M. D'Amours, d'atténuer les critiques et les risques de mesures protectionnistes de la part des Occidentaux.
Dans cette partie du monde, M. Bouchard note aussi un changement non négligeable en Inde, où le gouvernement veut privatiser des sociétés d'État et invite des investisseurs étrangers à participer au capital.
M. D'Amours fait remarquer que la zone euro est, elle aussi, sortie de récession.
Il signale cependant la controverse que l'Agence internationale de l'énergie a suscitée en tablant sur une production de pétrole en hausse jusqu'à 105 millions de barils par jour (Mb/j) en 2030. Les tenants de la thèse pessimiste disent que le plateau est déjà atteint à 85 Mb/j.
En Amérique du Nord, l'attention sera surtout centrée sur l'indice des prix à la consommation, dévoilé simultanément aux États-Unis et au Canada, mercredi.
Dans l'avalanche de données économiques à venir du côté américain, le taux d'utilisation des capacités manufacturières ne devrait pas être porteur d'inflation, selon M. D'Amours. Le consensus des prévisionnistes prédit 70,8 %.
Toujours au sud de la frontière, dit-il, les ventes de détail d'octobre sont attendues en hausse de 0,9 % après un recul de 1,5 % en septembre.
Dans ce domaine, son collègue s'intéresse davantage aux résultats des grandes chaînes de magasins.
Wal-Mart n'a pas subi de recul de son chiffre d'affaires pendant les trois mois d'été et sa révision à la hausse des prévisions de ventes en 2010 peut être interprétée comme une anticipation que les consommateurs seront au rendez-vous.
M. Bouchard ajoute que chez Kohl's, moins connue mais opérant 1004 points de vente de classe moyenne dans 48 États, la progression des affaires à 6,5 % va dans le même sens.
Deux autres géants de ce secteur publient leurs chiffres la semaine prochaine, soit Target et Home Depot.
Au Canada, on aura ceux de Sears Canada et, dans le domaine de l'alimentation, Loblaw, Metro ainsi que Weston dévoileront leurs résultats.
Une seule société canadienne a retenu l'attention des deux experts, cette semaine : BCE. Ses résultats montrent selon M. Bouchard que, malgré un contexte difficile, l'appétit des consommateurs continue d'augmenter pour des biens intangibles comme les communications.
En scrutant le bénéfice d'opération, M. D'Amours voit que le nombre d'abonnés au cellulaire augmente, mais que le revenu par abonné est en baisse.
L'absence de croissance des bénéfices pour 2010, anticipée par les analystes, pourrait expliquer que l'action reste aussi peu chère.
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