Derrière son impressionnante barbe, Bruno Blais parle avec la sagesse de celui qui a longuement réfléchi à la façon d'assurer la pérennité de la coopérative qu'il dirige. Et le discours qu'il tient correspond tout à fait à l'image qu'il projette. Confiant et engagé, il mise sur l'entraide et le travail d'équipe non seulement pour faire croître ses affaires, mais également celles des autres fabricants de bières artisanales québécoises.
Suivant la vision de ses trois membres fondateurs - des amis qui se sont lancés dans le brassage de bières maison alors qu'ils étudiaient au cégep - La Barberie est née, il y a 14 ans, du désir de faire d'un simple passe-temps une activité qui permettrait de créer de l'emploi.
«Au départ, nous ne possédions aucune expérience en administration et en gestion, commente M. Blais. Nous étions cependant convaincus que le modèle coopératif pouvait fonctionner et nous savions qu'il nous était possible d'obtenir du soutien et de nous entourer de gens compétents.»
Travail acharné
Avant que la microbrasserie située sur la rue Saint-Roch, à Québec, ne connaisse une certaine stabilité économique, il faudra tout de même cinq ans de travail acharné. Un travail qui, malgré des assises plus solides, se poursuit encore aujourd'hui pour améliorer la production et le positionnement de l'entreprise sur le marché.
«En plus du renouvellement de l'équipement brassicole amorcé en 2007, le salon de dégustation adjacent au lieu de production a été agrandi au fil du temps et l'image des bières mises en bouteilles a dernièrement été rafraîchie, détaille le directeur général. L'embauche d'une directrice du marketing chargée de la promotion figure également parmi nos stratégies de croissance, même si les retombées sont attendues à plus long terme.»
S'unir pour prospérer
À cela s'ajoute la mise au point récente d'une nouvelle gamme de bières plus raffinées, dont deux sont déjà lancées et deux autres le seront au cours des prochains mois, mais surtout le développement de Distribières, une coopérative de producteurs fondée il y a trois ans et qui compte actuellement une dizaine d'adhérents.
«Il devenait nécessaire pour les entreprises du secteur de s'unir pour faire diminuer les coûts de distribution et avoir la possibilité d'agrandir leur réseau, raconte Bruno Blais. Avec deux copains microbrasseurs de Baie-Saint-Paul et de Mont-Laurier, nous avons donc créé Distribières. Si d'autres joueurs se sont graduellement joints à nous, l'an prochain, nous aimerions atteindre la quinzaine de membres, soit le tiers des microbrasseries québécoises.»
Intéressante pour les microbrasseries dans un contexte économique moins favorable, la formule l'est aussi pour les clients de la coopérative puisqu'une plus grande diversité de produits leur est offerte et à meilleur coût compte tenu de la centralisation du service de commande et de livraison.
«Nous partageons un entrepôt pour le stockage de l'ensemble de nos produits et avons depuis peu un représentant qui travaille pour nous toutes à rentabiliser nos itinéraires actuels et à en développer de nouveaux. À court ou moyen terme, il se pourrait même que nous puissions percer le marché européen», termine celui qui espère, si tout va bien, entreprendre la construction d'une usine de production pour La Barberie d'ici deux ans.










