Amiante: des positions irréconciliables

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Sur le même thème

D'après le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe,... (-)

Agrandir

D'après le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, une vingtaine d'études démontrent que le mésothéliome, surnommé le «cancer de l'amiante», est provoqué par «l'amiante amphibole, très différent du chrysotile et beaucoup plus biopersistant».

-

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Les positions entre le monde de l'industrie de l'amiante et celui de la santé sont irréconciliables. Le premier ne croit pas que le type d'amiante extrait au Québec, le chrysotile, a provoqué des décès chez les travailleurs. Le second est convaincu du contraire.

Des articles, publiés il y a deux semaines, ont amené ces réactions totalement opposées.

Le Soleil a rapporté que la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a versé des indemnités pour 104 décès, depuis le début de l'année.

Du nombre, 61 personnes ont perdu la vie à la suite d'une exposition à l'amiante, selon la CSST. Au fil des ans, la mortalité reliée à l'utilisation de ce minerai frappe de plus en plus les travailleurs de la construction et de moins en moins les mineurs, indiquent plusieurs sources.

Le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, a signé un courriel pour affirmer que «l'amiante chrysotile du Québec ne crée plus de maladies industrielles depuis 1970». En entrevue, il a invité Le Soleil à constater de visu que les conditions de travail dans la mine sont sans danger pour la santé.

D'après lui, une vingtaine d'études démontrent que le mésothéliome, surnommé le «cancer de l'amiante», est provoqué par «l'amiante amphibole, très différent du chrysotile et beaucoup plus biopersistant».

Le chef d'entreprise suggère que «d'autres agents» que l'amiante peuvent être «responsables de cette maladie», dont un vaccin mis au point dans les années 50 contre la poliomyélithe.

À l'Institut national de santé publique, Louise De Guire ne «comprend pas» sur quoi reposent les affirmations de M. Coulombe. Elle admet que les «conditions d'empoussièrement» dans les mines se sont beaucoup améliorées. Mais tout n'y est pas parfait, a-t-elle mentionné. Des relevés conduits entre 1996 et 2000 ont révélé qu'environ 10 % des échantillons d'air dépassaient la norme de présence d'amiante dans l'air, une norme «10 fois plus élevée que dans d'autres pays» occidentaux.

Il lui apparaît inconcevable de nier que le chrysotile soit à l'origine de décès et de cas de mésothéliome. Ce type de minerai constitue une substance reconnue cancérigène par plusieurs organismes, tel le Centre international de recherche sur le cancer, a-t-elle insisté. Le fait que les morts ne soient reliés qu'à l'amiante amphibole lui apparaît tout à fait improbable.

Le chrysotile se retrouvait dans 90 % des échantillons d'amiante provenant d'une série de chantiers inspectés par la CSST, a rapporté une recherche de l'Université de Montréal. Autre exemple donné par Mme De Guire dans les années 90, une étude dans des écoles de Montréal contenant des isolants à l'amiante a révélé qu'il s'agissait à 67 % de chrysotile uniquement.

Une exposition ancienne

Le mésothéliome prendrait de 30 à 40 ans avant d'éclater. Le président de Mine Jeffrey soutient que les cas qui se déclarent proviennent «d'une exposition ancienne». Selon lui, l'amiante chrysotile est victime d'une «présomption» de culpabilité.

À l'Institut de l'amiante, l'ex-syndicaliste Clément Godbout signale que le mésothéliome est une maladie à déclaration obligatoire. «Cela a fait monter les statistiques» de la CSST qui relient à l'amiante 60 % des décès dus à des accidents du travail ou des maladies professionnelles. Lui aussi signale que l'amiante n'est pas l'unique cause et croit que le responsable des maladies est le minerai de la famille des amphiboles.

M. Godbout déplore que la CSST «ne donne pas de données ventilées» par profession, par type d'exposition, par âge et par catégorie de fibres [amphibole ou chrysotile]. Le porte-parole en a contre les pressions exercées pour fermer les mines et empêcher l'exportation vers les pays en voie de développement économique de l'Asie, le principal débouché pour l'amiante.

D'après le consultant de l'Institut, si ces nations n'achètent pas l'amiante du Canada, dont la production est concentrée au Québec, le produit viendra de pays qui ne prêchent pas, eux, insiste-t-il, pour «une utilisation sécuritaire» de l'amiante.

Il s'agit d'une opinion que ne partage pas du tout la Société canadienne du cancer. À plus ou moins long terme, rapporte André Beaulieu, conseiller en relations publiques, «nous devrions arrêter l'exploitation et l'exportation de l'amiante».

M. Beaulieu fait valoir qu'une manipulation «sécuritaire» du produit ne semble «possible qu'à l'intérieur d'un cadre précis, comme les mines». Pour les ouvriers de la construction, de la rénovation ou de l'entretien de bâtisses, poursuit-il, les risques pour la santé ne peuvent être éliminés, ne serait-ce qu'en raison du fait qu'il n'existe pas de registre national des bâtisses ou structures contenant de l'amiante. Et lorsque exporté, termine-t-il, il serait surprenant que le produit soit manipulé avec les précautions préconisées ici.

 

Cyberpresse vous suggère

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer