Amiante: une politique sans suivi

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Selon Bernard Coulombe, président de la Mine Jeffrey,... (Photothèque La Tribune)

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Selon Bernard Coulombe, président de la Mine Jeffrey, «le gouvernement aurait dû [se limiter à] dire qu'il préconisait l'utilisation sécuritaire» de l'amiante, pas un emploi accru.

Photothèque La Tribune

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Il n'est pas possible de savoir si Québec a effectué le suivi de sa politique pour augmenter l'utilisation de l'amiante dans son parc immobilier ou dans son réseau routier.

Cette orientation a été adoptée, en 2002, sous le mandat du premier ministre Bernard Landry. Alors responsable des Ressources naturelles, le péquiste François Gendron a fait adopter une politique pour un usage «accru et sécuritaire» de l'amiante chrysotile. Un des objectifs était de rassurer les clients sur les marchés internationaux en employant ici un produit attaqué par les scientifiques pour sa nature cancérigène. Le ministre Gendron visait à doubler la consommation domestique d'amiante, pour qu'elle atteigne un modeste total de 6000 tonnes par an.

L'attaché de presse de Serge Simard, l'actuel ministre libéral responsable des mines, n'a pas été en mesure de savoir si un suivi a été fait depuis l'adoption de la ligne de conduite. Par contre, celle-ci n'est pas reniée ou modifiée, a rapporté Jack Roy.

Il n'est pas possible de savoir combien le gouvernement a consacré à l'achat du produit. En ce qui a trait au tonnage, l'objectif gouvernemental n'a certainement pas été atteint.

En 2008, le ministère des Transports a utilisé 1,7 tonne d'amiante qu'il a mélangée à l'asphalte pour paver les routes. L'amiante donne une meilleure résistance à l'orniérage. Aucune des autres structures aménagées par les Transports ne contient ce minerai.

Incertitude

La Société immobilière du Québec (SIQ) ne peut affirmer que l'amiante ne se retrouve dans aucun des matériaux pour rénover ses bâtisses. Si c'est le cas, le minerai est intégré dans des composantes où il ne pose aucun problème pour la santé, laisse entendre le porte-parole Pierre Dufresne.

Cependant, fait-il remarquer, la tendance consiste surtout à enlever le matériau, qui faisait partie de composantes dans beaucoup de bâtiments construits avant 1985. La SIQ a dressé un inventaire. Sur 573 bâtiments, 275 contiennent de l'amiante.

La Société n'a pas de politique d'enlèvement systématique de l'amiante lorsqu'il n'y a pas de danger pour la santé.

En 2002, le président de la Mine Jeffrey avait estimé qu'au moins, la politique du ministre Gendron donnerait un coup de main pour faire la promotion du produit à l'étranger.

Joint mardi, Bernard Coulombe a affirmé que la politique a constitué aussi «une grande erreur. Cela a suscité la hargne de la petite gang de talibans de l'Institut national de santé publique. Le gouvernement aurait dû [se limiter à] dire qu'il préconisait l'utilisation sécuritaire» de l'amiante, pas un emploi accru.

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