Climat explosif chez Alta

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Les employés du Groupe Alta ont manifesté leur... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Les employés du Groupe Alta ont manifesté leur mécontentement à l'égard des deux principales têtes dirigeantes de la compagnie, hier matin, devant le siège social de l'entreprise près de l'Aéroport international Jean-Lesage.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Pancartes à la main, les employés du Groupe Alta manifestaient, hier matin, devant le siège social de l'entreprise spécialisée dans la prise de données aériennes et dans les technologies géospatiales située près de l'Aéroport international Jean-Lesage.

Ils ne réclamaient pas des meilleurs salaires, mais plutôt le départ des deux principales têtes dirigeantes de la compagnie, soit le président-directeur général, Benoît Raymond, et le vice-président aux opérations, Sébastien Desbiens.

«Nous jouons notre dernière carte», a expliqué au Soleil Stéphane Lessard au nom de ses 150 collègues de travail qui, comme lui, sont tous des salariés non syndiqués.

«Nous nous battons pour sauver nos emplois, car, de toute évidence, l'entreprise fermera ses portes dans deux semaines», a soutenu M. Lessard au cours d'un entretien téléphonique.

Le diable est aux vaches

Selon les employés, le diable est aux vaches au sein du conseil d'administration de ce fleuron de l'industrie géospatiale à Québec, qui possède des filiales au Maroc, au Burkina Faso et au Costa Rica.

«De sources sûres, nous savons que, parmi les actionnaires de la compagnie, il y a des gens qui croient toujours au succès de l'entreprise, et qui veulent que nous poursuivions nos activités. Il y aurait même de nouveaux investisseurs qui seraient prêts à mettre de l'argent sur la table. C'est pourquoi nous demandons au conseil d'administration de faire tomber le président-directeur général et le vice-président», a déclaré le porte-parole des employés en signalant que MM. Raymond et Desbiens faisaient plutôt partie des membres de la direction «qui ne croyaient plus» à la survie de l'entreprise.

Devant les allégations des salariés, Le Soleil a vainement tenté de joindre Benoît Raymond pour connaître sa version des faits. Il n'a pas répondu à notre courriel. L'appel laissé au bureau du premier actionnaire de l'entreprise, Paul Grenier, n'a pas suscité de réponse non plus.

Stéphane Lessard reconnaît que la situation financière du Groupe Alta est «précaire» en raison des difficultés connues en 2008 dans l'ensemble de l'industrie. «Par contre, l'année 2009 a été la meilleure depuis bien longtemps», a-t-il précisé.

Quant au climat de travail au sein de l'entreprise, il a avoué que la situation était difficile. «Il y a eu beaucoup de congédiements au cours de la dernière année. Au sein de l'équipe de RD, nous sommes passés de 10 à 4 personnes.»

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