L'or et les besoins primaires

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Quand on dépense moins au restaurant, on magasine... (Photothèque Le Soleil)

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Quand on dépense moins au restaurant, on magasine plus à l'épicerie, ce qui explique en bonne partie les bons résultats de Loblaw et de Metro.

Photothèque Le Soleil

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Qu'ont en commun un lingot d'or et les tablettes d'une épicerie?

L'un procure un sentiment de sécurité financière et les autres permettent d'assouvir l'un des quatre besoins primaires de l'humain : manger.

Si Séraphin Poudrier était prêt à lésiner sur la qualité de la nourriture pour pouvoir caresser plus de pièces de métal jaune, la majorité des gens ne peuvent se passer d'acheter des aliments, même quand leurs revenus sont coupés ou menacés.

La valeur «antirécession» des titres du secteur du commerce alimentaire tend à se confirmer. Tout comme la valeur refuge de l'or.

On pouvait difficilement parler d'une once d'or à 1200 $US, sans faire rire, quand elle en valait moins de la moitié, il y a quelques années, rappelle Steve Buisson de Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

Elle s'est sérieusement approchée de cette marque cette semaine, avant de clôturer à 1146,40 $US hier à New York.

Les banques centrales, souligne Carl Bouchard de RBC Dominion Valeurs mobilières, sont redevenues acheteuses de lingots renversant la tendance à vendre les réserves amorcée de façon avant-gardiste au début des années 90 par les Australiens.

André D'Amours de la Financière Banque Nationale pointait déjà récemment ce déséquilibre entre l'offre et la demande, quand la Banque centrale de l'Inde avait fait monter le prix en acquérant 200 tonnes de métal précieux.

La Chine et la Russie ont emboîté le pas.

Avec la montée du prix, les sociétés minières ont investi des efforts importants dans l'exploration, mais les découvertes demeurent rares, précise M. Bouchard.

Par ailleurs, dit-il, les investisseurs en quête de sécurité face à la faiblesse de la devise américaine ont, eux aussi, tendance à préférer le métal lui-même aux titres des sociétés qui le produisent.

Manger

Mais passons maintenant à table, puisqu'il faut au moins vivre pour manger.

Quand on dépense moins au restaurant, on magasine plus à l'épicerie, ce qui explique en bonne partie les bons résultats de Loblaw et de Metro.

Mais il y a aussi le faible taux d'inflation qui facilite pour les épiciers une légère hausse de leur marge bénéficiaire.

M. Bouchard indique que celle-ci pourrait encore s'améliorer chez Loblaw au cours de la prochaine année. Il s'intéressera donc cette semaine aux résultats d'une société qui détient une participation importante dans Loblaw : Weston.

Il en parle même comme d'une façon intéressante de détenir Loblaw indirectement tout en surveillant ce que Weston fera des importantes liquidités qu'elle détient.

À la frontière du secteur de l'alimentation, Carl Bouchard signale que les bons résultats d'Atrium Innovation ont porté les analystes de sa firme à relever à 20 $ le cours cible du titre de la société de Québec qui se spécialise dans les suppléments alimentaires.

La faible croissance des prix à la consommation accrédite aussi selon M. Buisson la thèse de la reprise sans retomber en récession. L'économie repart, dit-il, mais elle peine à trouver la «deuxième vitesse».

Malgré les nouvelles plutôt sombres, notamment aux États-Unis, Steve Buisson note cependant comme encourageante la vigueur des réactions des investisseurs.

Comme indice du comportement du marché, André D'Amours fait remarquer que les retraits des fonds communs de placement investis en actions ont continué de diminuer en octobre.

Il note aussi un déplacement d'argent des fonds de marché monétaire vers les fonds diversifiés, ce qui représente une étape «prudente» dans un retour vers les titres de propriété.

À suivre la semaine prochaine : la poursuite du bras de fer chez Cossette et les résultats de Couche-Tard. Mais on scrutera surtout le bulletin de santé trimestriel de la Banque de Montréal en se demandant s'il indiquera ce qu'on devra attendre, la semaine suivante, de la part des autres banques canadiennes.

AVERTISSEMENT ? Le fait de mentionner un titre dans le texte qui précède ne doit pas être interprété comme une recommandation d'achat ou de vente de la part du Soleil, ni de l'auteur, ni de la part de l'un ou l'autre de ses interlocuteurs.

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