Budgets de l'Agence de l'efficacité énergétique: administrateur écarté des audiences

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Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Le porte-voix des conseils régionaux de l'environnement ne pourra se faire entendre lors­que l'Agence de l'efficacité énergétique défendra ses budgets, a décidé la Régie de l'énergie.

L'organisme qui a le statut de tribunal a écarté le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec de la liste des groupes qui participeront à des audiences sur l'Agence, en janvier.

Dans une décision rendue publique, le 17 novembre, la Régie suggère que le directeur général du rassemblement d'écologistes s'est placé en situation d'apparence de conflit d'intérêts. Philippe Bourque siège au conseil d'administration de l'Agence, soulignent les régisseurs.

Gaz Métro

Le verdict a amené des commentaires au Soleil. L'entreprise Gaz Métro pourra plaider sa cause même si une de ses vice-présidentes, Guylaine Lehoux, fait partie du conseil d'administration de l'Agence de l'efficacité énergétique.

«Je suis un peu surpris, a commenté Philippe Bourque. [...] C'est un peu surprenant parce que Gaz Métro est là.

«Mme Lehoux n'est pas la responsable des affaires réglementaires [chez Gaz Métro], explique l'environnementaliste. Mais elle occupe un rôle important.»

Double rôle

M. Bourque signale qu'il n'est au C. A. de l'Agence que depuis quelques mois. Il indique qu'il avait commencé à consulter sur son double rôle lorsque la décision de rejeter sa participation est tombée.

Il est loin de croire que la conclusion à laquelle la Régie arrive est la bonne. D'une part, dit-il, la participation du Regroupement à l'Agence est souhaitée pour que le conseil d'administration soit «le plus représentatif». De plus, la Régie devrait être «capable de reconnaître que le Québec est plutôt petit et que les expertises pointues [en énergie] sont rares plutôt que de nous rejeter carrément».

Il n'a pas été possible de savoir auprès de la Régie pourquoi elle a accepté la participation de Gaz Métro et rejeté celle des conseils régionaux de l'environnement. «La Régie parle par ses décisions, a indiqué son porte-parole Pierre Méthé. C'est le propre de tous les tribunaux» de ne pas avoir à expliquer ses décisions.

Tout environnementaliste qu'il soit, André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, indique qu'il ne peut qu'endosser l'exclusion du Regroupement de Philippe Bourque. Une organisation ne peut siéger à la fois comme administrateur et critique de la même institution. Mais M. Bélisle ne comprend pas davantage que Gaz Métro puisse le faire.

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