Dans une entrevue accordée au Soleil en marge de la première du nouveau spectacle Banana Shpeel présentée à Chicago, le pdg du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, avait le sourire facile. «Nous n'avons pas l'intention de ralentir», a-t-il indiqué.
Prudent sur les données financières de l'entreprise, le pdg a confirmé que les affaires du Cirque n'avaient jamais été aussi bonnes. «On devrait terminer l'année entre 11 à 12 millions de billets vendus. L'an prochain, on espère dépasser les 13 millions d'entrées», a-t-il souligné au Soleil.
Selon plusieurs informations (non contredites par le pdg), l'entreprise de Guy Laliberté aurait réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 733 millions $US. Cette année, les prévisions des analystes sont optimistes. On parle de revenus oscillant près des 775 millions $US. En 2010, le cap des 800 millions $US serait à portée de main.
Il faut dire que le Cirque du Soleil en voit de toutes les couleurs par les temps qui courent, comptant pas moins de 19 spectacles en rotation un peu partout sur la planète. Le 16 décembre, une 20e production s'ajoutera au tableau avec l'entrée à Las Vegas d'un spectacle hommage à Elvis.
Nouveau créneau
À Chicago, le Cirque du Soleil s'attaque à un nouveau créneau de création en présentant une production davantage tournée vers la comédie de variétés et le vaudeville.
En ce sens, le spectacle Banana Shpeel est présentée à Chicago jusqu'en janvier pour ensuite prendre l'affiche à New York en février. «On amène ici un spectacle dans un marché comme Chicago pour venir tester notre concept avant de le rentrer à New York», dit le pdg.
La direction du Cirque ne cache d'ailleurs pas que le marché de New York demeure très concurrentiel et que la vie d'un spectacle peut vite être écourtée en raison de mauvaises critiques.
«À New York, lorsque tu présentes un spectacle, l'expression dans l'industrie est de dire que c'est un open-ended. Cela veut surtout dire que tu rentres ton spectacle, mais tu ne sais pas quand il se terminera. Il peut être là un mois, deux mois, six mois, un an, 10 ans, qui sait? Cela dépend comment la vente des billets se déroule.»
«Et si pour toutes sortes de raisons, parce que New York est un marché concurrentiel, cela se fait sur une plus courte période, on a déjà plusieurs théâtres en Amérique du Nord qui ont démontré de l'intérêt. C'est sûr que ce spectacle-là va vivre plusieurs années.»
Quoi qu'il en soit, les ambitions du Cirque à New York sont claires, soit celles d'occuper une présence quasi permanente à l'année.
Déjà, le spectacle saisonnier Wintuk est présenté depuis trois ans en hiver. Cette production va tellement bien que dès l'an prochain, le Cirque commencera la production plus tôt, en octobre, pour ensuite partir en tournée un peu partout aux États-Unis.
À New York, le calendrier du Cirque risque d'ailleurs d'être passablement occupé au cours des prochaines années. «Car après Wintuk, on rentre à New York avec Banana Shpeel en février au Beacon Theater et par la suite on revient l'été prochain, avec OVO», de signaler M. Lamarre.
Toujours à New York, le Cirque prépare pour 2011 un énorme spectacle de cirque au Radio City Music Hall. Une production qui devrait être en place pendant au moins cinq mois.
«Ce spectacle devrait par la suite nous servir de tremplin vers des marchés comme Moscou et Madrid. Vers des marchés qui pourraient éventuellement nous offrir des spectacles permanents. Ce sont de nouvelles niches qui s'ouvrent à nous.»












